Vernissage de l’exposition Champs magnétiques

Source : https://culture.univ-cotedazur.fr/la-saison/champs-magnetiques

L’exposition photographique est visible jusqu’au 15 octobre.
Photographies réalisées au CEPAM par Marina Gadonneix

UCArts et l’Académie 5 Hommes, Idées et Milieux ont invité sept photographes à porter leur regard sur sept projets de recherche. Représentant différents courants de la photographie – mode, urbanisme, portrait, minimalisme -, ils offrent une autre perspective sur les questions de genre, d’identité, de discrimination, de rapport au vivant ou de transformation de l’espace urbain.

Les photographes Marina Gadonneix, Silina Syan, Lynn SK, Hubert Crabières, Jürgen Nefzger et Eleonora Strano ont ainsi dialogué avec les chercheuses et chercheurs Véronique Mérieux (CMMC), Elisa Nicoud (CEPAM), Giovanni Fusco (ESPACE), Nathalie Pantaléon (LAPCOS), Alessandro Bergamaschi (URMIS), Christian Rinaudo (URMIS), Aura Parmentier-Cajaiba (GREDEG) et Guilhem Godeau (Nice Lab).

En partenariat avec l’association Sept Off l’exposition s’intègre au sein de son festival annuel L’image Satellite et est visible à partir du 24 septembre 2022 dans la Grande halle du 109 à Nice.

Entrée libre du samedi 24 septembre au samedi 15 octobre 2022 du mercredi au samedi de 14h à 19h

Prix littéraire « Sciences pour tous » | Martine Regert

L’abeille nous fascine. Et ce n’est pas sans raisons ! L’abeille, or vif bruissant de merveilles, • si fine et si mortelle •, est le seul insecte à entretenir des liens si féconds et intimes avec l’humanité. Les hommes exploitent les produits de la ruche de façon récurrente dès le début du Néolithique. Produisant le nectar des dieux, l’abeille est dotée d’une énergie symbolique positive dans tout l’Occident. Et elle occupe une place essentielle dans les écosystèmes. Par son butinage irremplaçable, elle pollinise et permet la reproduction d’un grand nombre de plantes à fleurs, assurant l’essentiel de la production alimentaire de la planète. Or, aujourd’hui, une énorme menace plane sur la ruche. Victimes de maladies, de parasites, de prédateurs, du changement global … les populations sont décimées. Les causes sont multiples, mais les bouleversements de l’environnement, avec le développement de l’agriculture intensive et l’utilisation massive de pesticides, sont les principaux responsables de ce désastre. Nous redoutons plus que jamais la possible tlisparition des abeilles. Cet ouvrage collectif, rédigé par des chercheurs du CNRS, de l’lnra et des universitaires, nous dévoile le monde fascinant des abeilles – ce qu’elles ont, ce qu’elles sont et ce qu’elles font -. décrypte les liens qu’elles entretiennent avec la nature et l’humanité, et les dangers qui les guenent et qui nous menacent. Un ouvrage collectif sous la direction de Martine Regert. Avec David Biron, Jean-Marc Bonmatin, Dorothée Oussy, Lionel Garnery, Martin Giurfa, Delphine Jullien, Arnaud Zucker.

PDF : Dia_prix_sciences_pour_tous

Prix de thèse de la Fondation UCA 2021 | Benjamin Audiard

Au cours de la Préhistoire, les sociétés du passé ont été confrontées à de nombreux changements climatiques et environnementaux, de durée inégale, d’intensité variable et s’inscrivant dans un schéma global de cycle glaciaire/interglaciaire. Dès lors, comprendre la façon dont les sociétés anciennes ont fait face à ces conditions environnementales et comment elles se sont adaptées est une question cruciale pour les préhistoriens. À cet égard, l’étude taxinomique des restes de charbon de bois, bien conservés dans les séquences archéologiques, fournit des informations non seulement sur l’environnement ligneux local, mais aussi sur les stratégies humaines de collecte du bois. Cette approche est confrontée à plusieurs verrous méthodologiques (ex : nécessité d’un grand nombre de charbon, type de dépôts, …) et interprétatifs (pas d’information sur l’étendue du couvert forestier, limite dans l’interprétation climatique, informations écologiques et économiques imbriquées). Afin de pallier ces verrous, ce travail s’inscrit dans la continuité des études sur le signal isotopique (δ13C) du bois et des études analogues pionnières sur charbons de bois. Le principal objectif est alors de développer une approche croisée (taxinomique et isotopique) dans l’étude des charbons de bois issus des séquences du Pléistocène supérieur et du début de l’Holocène. La première partie de cette thèse se concentre sur la création d’un référentiel actuel sur Pinus sp., puis la seconde sur l’étude des assemblages anthracologiques de neuf sites archéologiques diachroniques (Sud-Est de la France : les Canalettes [Paléo. moy.], la Combette [Paléo.moy.], Chauvet-Pont d’Arc [Paléo.sup.], la Baume d’Oulen [Paléo.sup./Méso.], la Grotte aux Points [Paléo.sup.], les Deux-Ouvertures [Paléo.sup.], les Prés de Laure [Paléo.moy./sup.], la Baume de Monthiver [Paléo.sup./Méso.] ; Nord-Est de la France : Mutzig [Paléo. Moy.]).Nous montrons, à travers notre référentiel, la possibilité d’utiliser le signal isotopique des charbons de Pinus, indépendamment de leur espèce et issus d’un même degré de carbonisation, pour étudier l’évolution climatique et environnementale sur le long terme (évolution basse fréquence). L’application de la méthode sur les sites archéologiques montre quant à elle une conservation préférentielle des charbons issus d’un faible degré de carbonisation. Ce constat, couplé à la réponse physiologique des plantes anciennes (adapté aux conditions atmosphériques et climatiques), procure au signal δ13C moyen un fort potentiel comme marqueur des évolutions environnementales et climatiques de basse fréquence. Plus encore, la possibilité d’obtenir un signal isotopique représentatif par l’analyse « individuelle » ou « groupée » des charbons, permet à notre méthode de s’adapter aux différents contextes archéologiques (caractéristiques du matériel, conservation de la stratigraphie), avec les avantages et inconvénients supplémentaires propres à chacune de ces approches (étude de la variabilité du signal, coût et temps). Les bons résultats obtenus avec d’autres essences que le Pinus (ici, Betula, Juniperus) appuient également sur la polyvalence de cette méthode. Par ailleurs, notre étude soulève la possibilité d’utiliser la variabilité du signal comme marqueur des changements d’aire de collecte du bois.Outre les apports méthodologiques, ce travail contribue à la connaissance du contexte environnemental et climatique passé. Enfin, l’étude des sites archéologiques du Paléolithique moyen au Mésolithique inscrit ce travail dans la réflexion actuelle autour de la relation sociétés/milieux (gestion du bois, schéma de mobilité, déterminisme naturel, …).

https://www.theses.fr/2020COAZ2027

Offre de Contrat doctoral | Dynamiques paléoclimatiques et socio-environnementales dans le nord-ouest de l’Arabie au cours de l’Holocène : approche spatiale et pédo-sédimentaire des archives palustres et dunaires de l’oasis d’AlUla

La proposition de thèse est intitulée : Dynamiques paléoclimatiques et socio-environnementales dans le nord-ouest de l’Arabie pendant l’Holocène : une approche spatiale et pédo-sédimentaire des archives des zones humides et des dunes de l’oasis d’AlUla.

Description du projet : Les oasis sont des environnements artificiels qui offrent une opportunité unique de comprendre l’interaction entre les dynamiques agraires et sociales ainsi que le changement climatique. Depuis 2019, le développement de projets pluridisciplinaires dans l’oasis d’AlUla (Arabie du Nord-Ouest) a permis de mettre en évidence son développement au cours des derniers millénaires, parallèlement à l’occupation de sites emblématiques (Dadan, Hegra, AlUla). Cependant, de nombreuses questions demeurent sur l’expansion de l’oasis, les changements environnementaux et les dynamiques paléoclimatiques qui sont cruciales pour comprendre les causes des transformations socio-environnementales et les adaptations des sociétés anciennes à ces changements.

Objectif de la thèse : (1) Définir les fluctuations des dynamiques éoliennes et hydrologiques et reconstruire une histoire paléoclimatique holocène à partir de l’étude temporelle et spatiale des archives dunaires et des zones humides à fonctionnement temporaire (sebkhas, plaine inondable). (2) Réaliser des analyses à haute résolution (sédimentologie incluant des études granulométriques, micromorphologie, XRD, CHN et géochimie incluant XRF et ICPM-MS) pour fournir des informations sur l’évolution des environnements oasiens et de leur périphérie désertique.  

Profil du candidat : Le candidat choisi doit être titulaire d’un master en géographie physique, géographie environnementale, géosciences ou archéologie environnementale à la date du début de la thèse. Il devra avoir une formation initiale en collecte de données environnementales sur le terrain, en systèmes d’information géographique et en analyses de laboratoire.

Description du poste : La travail comprend des campagnes de terrain deux fois par an au sein d’une équipe interdisciplinaire, des études en laboratoire, des rapports et la rédaction de publications évaluées par des pairs. Une collaboration avec d’autres projets en cours à AlUla est attendue ainsi que la participation à des réunions et conférences nationales et internationales.

Informations complémentaires

Le contrat doctoral est financé par le CEPAM-CNRS et le LABEX Dynamite. Vous trouverez plus de détails dans le document ci-joint et la procédure de recrutement est disponible sur http://labex-dynamite.com/fr/contrat-doctoral-campagne-2022-dynamiques-paleoclimatiques-et-socio-environnementales-dans-le-nord-ouest-de-larabie-au-cours-de-lholocene/

 Contact pour plus d’informations : laurent.lespez@lgp.cnrs.fr  , laurent.lespez@u-pec.fr  & louise.purdue@cepam.cnrs.fr

 L’examen des candidatures débutera le 22 mai 2022 et les candidatures doivent être soumises par email à contact@labex-dynamite.com 

Doriane Agassis, lauréate du prix Danièle Mouchot

Créé en la mémoire de Danièle Mouchot, ancienne conservatrice du musée archéologique de Nice-Cimiez décédée en septembre 2020, l’Association AMAN (Amis du musée archéologique Nice-Cimiez) avait à cœur de rendre hommage à cette femme par la promotion du travail des jeunes chercheuses ou chercheurs engagés dans la recherche et la valorisation du patrimoine culturel archéologique. Le prix Danièle Mouchot récompense alors un travail en rapport avec les activités de valorisation du patrimoine archéologique de Nice, de son musée ou de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, principalement sur les Gaules romaines ou pré-romaines jusqu’à l’Antiquité tardive.

Doriane Agassis, doctorante à l’Université de Paris-Nanterre et à l’Université Côte d’Azur (dir. Ricardo Gonzalez-Villaescusa & Marie-Jeanne Ouriachi) est la première lauréate de ce prix pour son travail de thèse intitulé « Réseaux et systèmes de villes dans les provinces alpines, de la fin du Second Âge du fer à la fin de l’Antiquité ». Elle a pour but de mettre en évidence les relations entre les agglomérations au sein d’un territoire provincial et entre les différentes provinces, mais également de saisir le poids du découpage administratif sur la structuration du réseau et la manière dont les agglomérations contribuent à redéfinir les territoires par leurs interactions entre elles.

Radio | « Une terre qui parle », série en 4 épisode, avec Claire Delhon (épisode 1 : « La terre s’est tue »)

Podcast : https://www.franceculture.fr/emissions/serie/une-terre-qui-parle

« Cette série part du sentiment que les paysages semblent ne plus « raconter » grand-chose, ou, en tout cas, qu’ils ne racontent pas assez, pas à la mesure de l’épaisseur du vivant, en particulier quand il est en bonne santé, à l’instar d’une vieille forêt. Cela, en fait, fait écho à la crise de la sensibilité, en partie à l’origine de la catastrophe écologique, que notre Occident moderne, naturaliste, traverse. C’est parce qu’il ne nous « parle » pas qu’on peut maltraiter le vivant. A l’origine de cette insensibilité, il y a notamment « l’amnésie écologique » : notre référentiel est le milieu de notre enfance et, de génération en génération, notre environnement se dégrade sans que nous nous en rendions compte. Nous en sommes aujourd’hui à pouvoir trouver beau une monoculture de maïs…

Quelle mémoire avons-nous perdu ? Et que faut-il retrouver ? Qu’est-ce qu’un milieu où il « se passe » quelque chose ? Qu’est-ce qu’une terre qui parle ?

Poser cette question c’est réfléchir à l’usage de la terre, et en particulier à l’agriculture. A fortiori quand 54 % du territoire métropolitain est destiné à un usage agricole ( 15% de sylviculture monospécifique).

Une série documentaire de Tao Favre, réalisée par Assia Khalid et Séverine Cassar »

Hommage à Véronique Gallien (1963-2021)

La première rencontre de Véronique avec le CRA du CNRS de Valbonne, qui deviendra le Cepam en 2000, remonte à la fin des années 1980. Fraichement diplômée de l’Ecole du Louvre (en 1987), elle participe aux fouilles menées par l’Unité d'Archéologie de la ville de Saint-Denis dans deux cimetières du haut Moyen Âge proches de l’abbaye. Très vite elle est confrontée au problème bien connu des archéologues du funéraire, surtout à cette époque : à qui confier l’étude de tous ces squelettes mis au jour quotidiennement ? C’est le hasard d’une visite sur son chantier d’un étudiant de Nice, Philippe Le Hors, qui préparait alors un DEA dans le cadre du laboratoire d’anthropologie du CRA, qui lui fait découvrir l’existence de ce laboratoire. Elle prend alors la décision, qui engagera toute sa carrière scientifique, de venir s’y former à l’anthropologie et de se charger elle-même de l’étude des squelettes. Elle donnera à cette occasion toute la mesure de sa détermination inflexible et de sa puissance de travail. En 1990, après une formation accélérée (mais intensive), elle s’inscrit à l’Université Paris IV, sous la direction de Noël Duval et moi-même, pour préparer une thèse ayant comme sujet l’étude archéologique et anthropologique  des deux populations de Saint-Denis qu’elle a fouillées. Trois ans plus tard, en 1992, elle soutient brillamment sa thèse alors que la naissance de son premier enfant est imminente.
Très vite, un lien très étroit se tisse entre nous. Aux échanges professionnels se greffent des rencontres amicales. Je garderai le souvenir des longues heures de discussions sur l’intérêt de telle ou telle particularité des squelettes mais aussi du plaisir de se retrouver en famille pour une promenade en bord de mer, un festin d’huitres au réveillon ou une pêche à la crevette.
Véronique commence sa carrière d’archéologue et d’anthropologue à l'Afan puis elle intègre l'Inrap. Elle choisit quand elle le peut des chantiers où le funéraire prédomine et où elle peut mener de front la fouille, le plus souvent comme responsable d’opération, et l’étude des squelettes. Chaque fois que possible, elle associe à sa démarche son compagnon, Jean-Yves Langlois. Pour ses études anthropologiques, elle choisit le Cepam comme laboratoire de rattachement. Sa place grandit au sein de l’équipe et elle participe à toutes les manifestations organisées par le laboratoire d’anthropologie, stages, rencontres, séminaires et, bien sûr, publications.

Les nombreuses études de sites sur lesquels elle a travaillé l’ont amenée à approfondir toujours plus sa connaissance des sociétés du passé. Pour mieux percevoir leur état sanitaire,  elle passe un certificat d'Etudes Universitaires en paléopathologie, délivré par la Faculté de médecine de Marseille, et elle établit une étroite collaboration avec le Dr Yves Darton, paléopathologiste de l’équipe Dynapp du Cepam. Leurs recherches ont donné lieu à de nombreuses publications. De même, dès les premières recherches menées par Isabelle Séguy et moi-même en paléodémographie, Véronique  collabore en testant les nouvelles méthodes mises au point sur des séries qu’elle étudie. Convaincue par cette nouvelle approche, elle contribue à la diffusion de ces méthodes, notamment auprès de membres de l’Inrap.

Enfin, sous mon amicale pression, elle accepte, à partir de 2013,  de consacrer ses congés aux fouilles de la mission archéologique franco-albanaise sur la vallée du Drin (Albanie du nord), dirigée par Etleva Nallbani, sur les sites de Lezha et Sarda. Elle y prend très vite une place primordiale, par son professionnalisme et par son charisme, avec les archéologues mais aussi avec les ouvriers du chantier avec lesquels elle teste ses rudiments d’albanais. Il est certain qu’avec sa disparition, la vie de la mission ne sera plus la même.

Luc Buchet


 

© Source vidéo : INRAP


 

Véronique Gallien nous a quittés le 10 avril dernier.

Archéologue et anthropologue de l’Inrap, elle était aussi chercheure associée au Cepam et membre-clé de l’équipe d’archéo-anthropologues, historiens, dentistes, paléopathologistes et paléodémographes regroupés au sein de l’équipe Dynapp, pour traiter des questions d’anthropologie biologique, de paléopathologie et de paléodémographie.
Discrète aux yeux des collègues du Cepam, elle était pourtant là chaque année, plusieurs fois par an. Le signe de sa présence, au second étage, c’était les sachets de thés aux saveurs diverses qui apparaissaient sur l’étagère de la salle 259. Véronique, toujours désespérée par le thé en sachet d’Isabelle, venait colorer et rehausser les saveurs de notre quotidien. Les pauses s’animaient, riches en échanges à l’image de son tempérament énergique et toujours optimiste.
En fait, Véronique était là, régulièrement, depuis plus de trois décennies ! Elle a été de l’aventure du CRA (Centre de recherches archéologiques du CNRS), que les plus jeunes d’entre vous ne peuvent pas connaître ; de ce laboratoire d’anthropologie biologique, où Luc Buchet a accueilli et formé toute une génération d’anthropologues ; de toutes les Journées Anthropologiques de Valbonne, bouillonnants moments de rencontres et d’échanges scientifiques. Pour certains d’entre nous, ce sont trente-cinq ans d’amitié et de collaboration qui remontent à la mémoire.
Philippe l’a rencontrée en 1986, au sein de l’unité archéologique de Saint-Denis, alors que tous étaient des archéologues, des étudiants, des stagiaires, des bohèmes à l’avenir incertain. Comme sur un air de chansonnette, elle décapait un sondage dans la ville, il passait sur le trottoir, ils ont discuté de fouille, de technique, de squelettes, et Yann -son compagnon- est arrivé…
Les archéologues de Saint-Denis étaient confrontés aux nombreuses découvertes de squelettes qu’ils ne savaient pas traiter. Nicole Meyer-Rodrigues qui dirigeait le 8 rue Franciade, n’osait pas contacter Luc Buchet, impressionnée par la réputation scientifique d’un chercheur du Centre de Recherches Archéologiques du CNRS. Sur l’entremise de Philippe, Nicole et Luc sont entrés en contact pour définir une collaboration entre Saint-Denis et le CRA ; Yann et Véro ont été envoyés en formation à Valbonne avec la suite que l’on connaît, tant sur le plan scientifique que sur le plan personnel. L’amitié très forte avec Luc et Mariem d’abord, puis avec l’ensemble des chercheurs de notre équipe au cours de ces 35 ans, ont déterminé la spécialisation de Véronique en anthropo-archéologie. Tel un bon génie, Philippe fut celui qui infléchit la carrière de Véronique et, même s’il n’a que le mérite du hasard, il en est très heureux.
Collègues et amis, relations indissociables qui se nourrissent l’une l’autre. Qu’auraient été nos recherches si elles n’avaient pas été favorisées à ce point par notre amitié ?  D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours connu Véronique dans cette double relation. Depuis que j’ai commencé à pratiquer le monde de l’archéologie funéraire et de l’anthropologie biologique ; était-ce dans le cercle naissant du GAAFIF ou du GDR animé par Claude Masset, ou peut-être à l’occasion des Journées de Valbonne ? Qu’importe, car de ce moment nos échanges amicaux et nos collaborations scientifiques n’ont jamais cessé, gagnant en richesse et en diversité au fur et à mesure que les spécialités de chacune s’affirmaient.

Parler des travaux de Véronique, c’est ouvrir grand la porte de l’Histoire, de la grande histoire, celle de la reine Arégonde ou des religieux et religieuses de haute noblesse, mais aussi de la plus petite, de celle des gens ordinaires, tels les mineurs du territoire du Mans ou les populations rurales de Chéméré et de Riom ; voire l’histoire des invisibles et des oubliés, tels ces enfants-martyrs de Poitiers. Car Véronique savait faire parler les pierres tout autant que les morts ; avec patience, rigueur et précision, elle replaçait dans un scénario inattaquable les éléments stratigraphiques, les informations archéologiques et les observations anthropologiques pour reconstituer le puzzle de ces vies disparues.

Elle a toujours été une chercheure scrupuleuse dans le relevé des données, mais surtout exigeante pour déceler les réalités ontologiques, et leurs significations contextuelles. Ses compétences intellectuelles, bien que très développées, ne sont pourtant pas l’essentiel pour l’évoquer. Yves, et tous ceux et celles qu’elle a coudoyés, peuvent témoigner de l’originalité et de la force de son pouvoir à communiquer positivement avec autrui. Elle savait associer l’indulgence et l’exigence, sous condition de réciprocité, tout en dosant ces attitudes selon les individus.
En proposant à ses collègues de l’Inrap, accoutumées aux études bioanthropologiques dans des délais contraints et avec des moyens limités, de devenir chercheures-associées au Cepam, Véronique leur offrait tant un espace de recherches et d’échanges scientifiques que la liberté d’un horizon élargi. Cécile, Isabelle et Ivy ont ainsi rejoint l’équipe niçoise, donnant à Véronique l’opportunité de relancer une dynamique d'étude autour de l'anthropologie et de transmettre ses savoirs, ses méthodes, sa façon de travailler en archéologie préventive et au sein de la recherche. Puis, au-delà de l’archéologie et de l’anthropologie métropolitaine, Véronique et une partie de l’équipe ont rejoint l’aventure albanaise en intégrant, sur proposition de Luc, l'équipe d'Etleva Nallbani. Véronique trouvant, dans cet ailleurs pas si lointain, d’autres jeunes collègues auxquels transmettre, toujours avec passion et bienveillance, ses acquis professionnels.
De même aux jeunes étudiants et doctorants, qu’elle a toujours accepté de former et de guider, partageant ses connaissances avec beaucoup d’empathie et corrigeant leurs erreurs avec tact et délicatesse. Jusqu’au bout, elle aura transmis, aidé, épaulé, encouragé, rassuré, aplani au possible les difficultés qui se présentaient. Son dynamisme, son exigence dans le travail, son attention aux autres et une attitude toujours emplie de bienveillance ont souvent fait plus que force ni que rage …

Au-delà de nos rencontres et des moments de partage, des fouilles qu’elle a menées et de ses nombreuses publications, des savoirs transmis ou encore à transmettre, il faut aussi parler de la personnalité de Véronique, une personnalité lumineuse et généreuse. Lumineuse, car elle faisait toujours miroiter l’aspect positif des collègues ou des évènements ; généreuse, car elle était toujours prête à partager des expériences, des aspects techniques pour les études anthropologiques. Et la façon qu’avait Véronique d’appréhender les thématiques en anthropologie, et plus largement en archéologie, était pleine de finesse et d’humour. Sa voix dans un coin de nos têtes continue à nous interroger sur les points forts d’une étude ou sur une hypothèse à privilégier… Merci d’être toujours présente.
Son dynamisme, sa force intérieure, son sourire bienveillant ne laissaient rien deviner des craintes et des incertitudes qui pouvaient l’habiter. De cette générosité-là, nous sommes tous et toutes infiniment reconnaissants. De son énergie positive également, « Le tout est de passer le meilleur moment possible », recommandait-elle à Luana à la veille de soutenir sa thèse.

Le tout est de toujours passer le meilleur moment possible.
L’amitié qui nous liait à Véronique était si profonde, que c’est parmi ses collègues et amis de Nice qu’elle est venue se réfugier fin 2020. Nous sommes heureux de cela, fiers des relations de travail et d’amitié que nous avons tissées tout au long de ces années, et profondément peinés par sa disparition.

Puisse ce portrait coloré la faire vivre longtemps dans nos cœurs.

Ses collègues et amis des laboratoires d'archéozoologie, d’anthropologie biologique et de paléodémographie du CEPAM

Véronique Gallien

Cinema | The Final Passage – Chauvet à voir et à revoir

Dans le contexte de cette pandémie et des fermetures nationales, lorsque les sites d’art rupestre et leurs répliques sont fermés au public, le producteur Martin Marquet a pris l’initiative d’inviter le réalisateur Pascal Magontier, Jean-Michel Geneste et le réseau Rock Art Network à se joindre à lui pour faire de « The Final Passage » un cadeau au monde, avec des visionnages en ligne gratuits et illimités.

Sous la forme d’un voyage introspectif à travers le monde de l’art rupestre, au cœur du premier art qui ait jamais existé, cette sortie en ligne exclusive du « Final Passage » est un événement opportun, symbolisant la profondeur des racines communes à toute l’humanité, héritées de temps immémoriaux, il y a 36 000 ans dans l’Europe glaciaire.

Dans les environs de la grotte Chauvet, les humains ont dû faire face à des épreuves et survivre dans un monde qu’ils ne pouvaient pas contrôler, mais dans lequel les animaux étaient puissants et surabondants, comme le rappelle aujourd’hui le virus.

https://www.missingmatter.info/tara-expo