Prix de thèse 2019 | Gestion des espaces forestiers provençaux et ligures au Néolithique : approche anthracologique

http://www.theses.fr/2018AZUR2009 

Sous la direction de Isabelle Théry-Parisot

Soutenue le 12-06-2018

La région liguro-provençale s’étend des Apennins septentrionaux à la moyenne vallée du Rhône et des Alpes du Sud à la Méditerranée. Dans cette zone, l’avènement puis le développement des économies de subsistance basées sur l’agriculture et l’élevage, à partir du début du VIe millénaire av. n. è., a conduit à la modification à la fois du couvert forestier préexistant et de la relation entre les sociétés et le milieu qu’elles exploitent. Dans ce travail, nous précisons les modalités de ces évolutions par l’analyse anthracologique de six sites archéologiques bien documentés, occupés (de manière générale) entre la fin du Mésolithique (Castelnovien) et le Néolithique final, c’est à dire de ca 6500 à 2000 av. n. è. : la Font-aux-Pigeons (Châteauneuf-les-Martigues, 13), l’abri Pendimoun (Castellar, 06), « RD 560/RD 28 déviation de St-Maximin » et « le Clos de Roques/Route de Barjols » (Saint-Maximin-la-Sainte-Baume, 83), la Grotte de Pertus II (Méailles, 04), Ponteau (Martigues, 13) et le Limon-Raspail (Bédoin, 84). Ils sont localisés dans des contextes environnementaux variés, du littoral jusqu’à 1000 m d’altitude dans l’arrière-pays, et documentent des occupations ponctuelles à sub-permanentes. Les résultats obtenus sont venus combler des lacunes chronologiques, géographiques et sitologiques qui existaient jusque-là. Ainsi, ils permettent, par l’analyse d’un large corpus intégrant des données anthracologiques préexistantes et polliniques (78 séquences botaniques, en contexte archéologique ou naturel, ont été considérées au total), de proposer des scénarios nuancés de l’évolution des paysages et des pratiques à l’échelle de la région liguro-provençale.Si les dynamiques de végétation semblent relativement similaires et synchrones de part et d’autre de cette région, leur traduction en termes de paysages est beaucoup plus variable. Au Castelnovien et à l’Impressa (6500-5600/5400 av. n. è.), notre approche révèle la prépondérance des taxons forestiers comme les chênes caducifoliés (Quercus f.c.), l’orme (Ulmus sp.), le tilleul (Tilia sp.) et l’expansion du sapin (Abies sp.), ce qui appuie l’importance de futaies denses, diversifiées et sub-matures, sur un large gradient altitudinal. Dans les basses terres et en altitude, préexistent des milieux ouverts (respectivement à sclérophylles et à conifères héliophiles). Ces milieux semblent plus attractifs en tant que lieux d’implantation que les formations à sapins, peut-être car ils sont plus propices aux activités de subsistance de chaque groupe (chasse, pastoralisme, agriculture). À partir de la seconde moitié du VIe mill. av. n. è., des étages méditerranéens aux étages alpins, l’augmentation discrète des végétaux les plus compétitifs en contexte d’ouverture du milieu et le recul des taxons qui y sont plus sensibles renvoient aux premières atteintes anthropiques du couvert forestier. Puis, cette tendance se renforce, les futaies s’ouvrent et sont remplacées par des formations de dégradation, plutôt en taillis. Ce processus se déroule sur fond de diversification de l’exploitation du territoire et de ses ressources ligneuses, des basses terres jusqu’aux très hautes terres. Cependant, malgré le parallèle entre le développement des systèmes agro-sylvo-pastoraux et l’augmentation de l’anthropisation du milieu et de son exploitation étagée, des séquences anthracologiques attestent du maintien des chênaies caducifoliées dans l’arrière-pays, jusqu’au Néolithique final, par exemple au Limon-Raspail et à Saint-Maximin-la-Sainte-Baume. Ainsi, au fil du Néolithique, l’ouverture anthropique du milieu se déploie probablement sous forme d’éclaircies, de plus en plus répandues mais qui demeurent localisées. Ces évolutions du couvert forestier, caractérisées, d’une part, par un recul des formations forestières et une baisse de leur diversité et, d’autre part, par l’essor des taxons de milieux ouverts, soulignent la contribution des pratiques néolithiques à la genèse du paysage végétal actuel.

 

Léa Drieu, lauréate d’un des deux prix de thèse du GMPCA

Son travail de thèse, intitulé « Fabrication et usages des poteries durant le Néolithique et la Protohistoire en Europe : les apports de l’archéologie biomoléculaire », a été réalisé au CEPAM (UMR 7264, UCA, CNRS) sous la direction de Martine Regert. Il est centré sur l’étude des substances naturelles organiques exploitées par les sociétés pré- et protohistoriques et absorbées et préservées dans les récipients céramiques.

Alors que les méthodes de l’archéologie biomoléculaire s’attachent généralement à étudier le contenu et l’usage des récipients céramiques, l’approche novatrice et interdisciplinaire développée par Léa Drieu prend en compte toute la vie d’un récipient céramique, depuis le choix des argiles jusqu’à l’abandon du récipient. Le développement de cette méthodologie, qui s’est notamment appuyée sur l’ANR CIMO (dir. Didier Binder), a permis de mieux comprendre les mécanismes d’absorption et de préservation de la matière organique dans les récipients céramiques. Son travail, publié à un niveau international, a mis en lumière l’influence de différents paramètres sur la préservation de la matière organique, tels que la porosité la céramique ou l’acidité des sols dans lesquels les récipients ont été enfouis. Ses recherches ont, en outre, révélé la possibilité inédite d’utiliser les signaux organiques afin d’étudier les étapes de fabrication des récipients, comme la transformation des argiles et le traitement des surfaces. Enfin, ses travaux ont mis au jour les usages culinaires et techniques (fabrication d’adhésifs) des céramiques par les sociétés du passé dans le Jura et en Méditerranée occidentale.

Blog | Mission Ras al Khaimah 2018 : étude de l’oasis de Shimal

L’objectif était de mener une étude pluridisciplinaire sur l’évolution du paysage à Shimal à travers le temps, et notamment depuis le 3ème millénaire avant notre ère. L’étude de cette oasis, de par sa taille (environ 1300ha) et sa position sur le cône alluvial d’un des plus grands wadis de la région, constituait un défi important pour notre équipe. Comme pour les autres oasis étudiées dans le cadre de l’ANR et du travail de thèse de Sophie Costa, une approche géomorphologique (Sophie Costa), géomatique (Gourguen Davtian), géoarchéologique (Sophie Costa, Hatem Djerbi, Claude Rouvier) et ethnographique (Julien Charbonnier) a été menée. Le tamisage, le tri et la préparation des échantillons prélevés lors de la campagne ont également été réalisés sur place (Alain Carré).

Post de blog disponible à cette adresse :

http://www.cepam.cnrs.fr/oasiwat/2019/03/15/mission-ras-al-khaimah-2018-etude-de-loasis-de-shimal/ 

Festival du Film archéologique de Florence | #inminimismaxima & Rocher de l’Impératrice

site du festival : http://www.firenzearcheofilm.it/programma-sintesi/ 

13 mars 2019

Projection du « Puzzle azilien » sur les fouilles archéologiques du Rocher de l’Impératrice (6’ d’Alexis Villaine et Nicolas Baker, production CNRS images)

https://www.dailymotion.com/video/x6dzo12

http://www.cepam.cnrs.fr/projets/operations-archeologiques-de-terrain/operation-rocher-de-limperatrice-france-epipaleolithique/

15 mars 2019

Projection de « #INMINIMISMAXIMA » sur les fouilles archéologiques de Valle Giumentina (52’ de Pierre Gaignard et Laura Haby, production CNRS CEPAM)

http://www.cepam.cnrs.fr/projets/medias-grand-public/film-inminimismaxima/

http://www.cepam.cnrs.fr/projets/operations-archeologiques-de-terrain/operation-valle-giumentina-italie-paleolithique-inferieur/

 

Exposition « Des carnivores et des hommes »

Cette exposition, proposée par le site préhistorique du Lazaret et destinée principalement aux enfants, présente les principales caractéristiques des grands carnivores ayant peuplé les Alpes méridionales depuis les premiers peuplements humains.

À une époque où l’emprise de l’homme sur la nature a atteint son paroxysme, cette exposition permet de s’interroger sur notre relation au monde sauvage.  Elle permet également d’appréhender les liens souvent complexes qu’hommes et carnivores ont pu tisser, des origines à aujourd’hui.

Journée de l’UMR

Le CEPAM invite ses membres à la journée de l’UMR :
9h  – Embarquement pour l’île St-Honorat
10h – Assemblée générale du CEPAM et présentations scientifiques
12h30 – Dégustation des vins du vignoble de St-Honorat
13h – Pique-nique en commun*
14h30 – Visite commentée des principaux sites de l’île St Honorat
16H30 – Clôture festive de la journée
17h30 – Embarquement pour Cannes