Workshop | Au-delà de la quantification : interpréter les données bioarchéologiques hétérogènes

Programme (PDF) : Workshop programme

Présentation : Workshop Quantification_2

Au-delà des données minimales communes nécessaires à toute étude, c’est à des questions anthropologiques fondamentales — celles de l’économie de subsistance et, plus largement, des interactions entre sociétés humaines et environnement — que doivent répondre les analyses des restes bioarchéologiques.
Mais comment comparer, combiner et interpréter des données aussi diverses ? Comment articuler le qualitatif et le quantitatif, malgré des biais parfois irréductibles ?

Depuis les années 1970, les efforts de standardisation se sont multipliés, mais les biais persistent : d’une espèce à l’autre, d’un contexte chrono-culturel ou géomorphologique à l’autre et jusque dans la subjectivité du regard porté par chaque archéozoologue ou archéobotaniste. À l’heure où les jeux de données s’enrichissent à la fois à l’échelle du site et à celle de la région, le dialogue entre des ensembles hétérogènes devient non seulement possible, mais indispensable. Alors que les travaux antérieurs cherchaient surtout à établir des unités de mesure communes, les questionnements actuels se déplacent : comment classer, pondérer et transformer les données pour les rendre comparables ? Et cela, aussi bien au sein d’une même catégorie de restes qu’entre des vestiges aussi dissemblables qu’une graine et un os, un charbon et un coquillage.

Les méthodes de quantification et de comparaison développées en bioarchéologie ne visent pas seulement à mesurer ou à classer : elles participent à la reconstitution d’ensembles écologiques passés, en transformant les restes archéologiques en unités quantifiables du vivant. Autrement dit, l’analyse des fragments de charbon peut renvoyer à la structure d’une forêt entière ; un assemblage osseux, à la composition d’un cheptel ; un amas de coquillages, à la dynamique d’un écosystème marin. Ces approches permettent d’articuler les données issues des vestiges avec les modèles et référentiels des sciences écologiques contemporaines, ouvrant ainsi la voie à une véritable reconstitution écosystémique.

Ce passage de l’échelle micro à l’échelle macro, du reste matériel à la reconstitution du vivant, constitue aujourd’hui un point de convergence majeur entre archéologie, écologie et sciences de la biodiversité.

Au sein du projet ERC MERMAID, ces questionnements occupent une place centrale. C’est dans ce cadre que nous proposons ce workshop, conçu comme un espace d’échange et de partage d’expériences et d’études de cas. L’objectif est avant tout d’ouvrir une discussion collective pour réfléchir ensemble aux moyens de dépasser les contraintes méthodologiques et de développer, par la confrontation des approches, des solutions communes et innovantes.

Appel à contributions | Les espaces funéraires ruraux en Gaule romaine (Ier s. av. J.-C. au VIe s. apr. J.-C.)

Source

appel à contributions : AAC_Ager17
https://ager17.sciencesconf.org

Comité d’organisation

  • Frédérique Blaizot, Université de Lille, UMR 9028 HARTIS (Histoire, histoire de l’art, archéologie, textes, images, sociétés)
  • Gaël Brkojewitsch, Eurométropole de Metz, UMR 7299 CCJ (Centre Camille Jullian)
  • Patrick Digelmann, Service de l’Archéologie du département du Var, UMR 7264 CEPAM (Cultures – Environnements. Préhistoire, Antiquité, Moyen Âge)
  • Bérangère Jossier, Service archéologie de Métropole Nice Côte d’Azur, UMR 7268 ADES (Anthropologie bio-culturelle, droit, éthique et santé)
  • Sébastien Ziegler, Service de l’archéologie du département du Var, UMR 7264 CEPAM (Cultures – Environnements. Préhistoire, Antiquité, Moyen Âge)

Propositions de communication et poster

Le format des communications est 25 minutes projections incluses pour les synthèses, mais de 20 minutes maximum pour les études de cas, suivies de 5 minutes de discussion.
Un résumé de 250 à 400 mots maximum, de préférence accompagné d’une illustration, doit être déposé sur le site.

Chaque proposition devra indiquer :

  • Un titre (en français et en anglais)
  • Les coordonnées des auteurs avec leurs affiliations et coordonnées complètes
  • 5 mots clefs (en français et en anglais)

Les propositions de communications – orales ou posters – doivent être déposées entre le 24 décembre 2025 et le 31 mars 2026 sur l’espace dédié au colloque Ager XVII : https://ager17.sciencesconf.org
Le format des communications est 25 minutes projections incluses pour les synthèses, mais de 20 minutes maximum pour les études de cas, suivies de 5 minutes de discussion. Un résumé de 250 à 400 mots maximum, de préférence accompagné d’une illustration, doit être déposé sur le site.

Mots clés

Structures funéraires, pratiques, organisation des espaces ruraux, réseaux, ancrage régional, dynamiques spatio-temporelles, culture matérielle, recrutement et organisation des espaces funéraires, approches sérielles, interdisciplinarité.

Argumentaire

L’état des connaissances en archéologie, en ce premier quart du XXIe siècle, rend globalement compte du dynamisme des territoires ruraux dans les provinces des Gaules romaines, au sein desquels habitats et espaces funéraires présentent des formes et des organisations variées et complexes, selon les contextes, l’espace et le temps. Si l’articulation entre les deux sphères, domestique et funéraire, est implicite, la corrélation entre les établissements et les sépultures ne peut pas toujours être démontrée en contexte archéologique. Le présent colloque propose d’aborder les relations entre les vivants et les morts au sein des campagnes sous différents angles d’approche, de manière à offrir un panorama de notre perception actuelle de la « géographie funéraire » du monde rural sur le temps long. Il s’agit à terme de s’interroger sur les modalités de la construction de l’espace social et culturel en contexte rural, sur le rôle social des défunts et la manière dont ils peuvent modeler le paysage, et par conséquent sur l’expression des interactions entre vivants et morts, entre le Ier s. av. le VIe s. ap. J.-C.

L’archéologie funéraire n’a cessé de renouveler ses questionnements depuis le XIXe siècle pour aborder les pratiques liées à la mort, jusqu’à l’approche archéothanatologique, par nature interdisciplinaire, qui est la nôtre aujourd’hui. Initialement, l’intérêt des chercheurs a principalement porté sur le mobilier et les monuments, faisant la part belle aux représentationssymboliques (Cumont 1942). Au milieu des années 1980, l’archéothanatologie a donné une impulsion décisive à la problématique, en conjuguant l’archéologie et l’anthropologie biologique, et en développant tout particulièrement une méthode régressive fondée sur l’analyse des processus taphonomiques du cadavre, dans l’objectif de restituer les dispositifs et les gestes funéraires originels, et d’appréhender la dynamique des espaces sépulcraux (Duday et al. 1990 ; Duday 2005 ; Duday 2009 ; Blaizot 2017). Le défunt fut alors replacé au centre du discours et des questionnements sur la gestion de la mort par les sociétés anciennes, tandis que parallèlement, l’anthropologie biologique, alors orientée sur l’étude des populations, s’est recadrée sur l’analyse de la gestion des morts et des pratiques funéraires des sociétés (Masset, Duday 1987 ; Castex et al. 1993). D’un point de vue strictement archéologique et pour ce qui concerne le monde des Gaules romaines, le colloque AGER, qui s’est tenu à Orléans en 1993, a marqué une étape dans l’étude des espaces funéraires et de leur articulation avec l’habitat rural, en pointant la nécessité d’analyser de manière conjointe territoires, pratiques funéraires et dynamiques sociales (Ferdière 1993).

Depuis le début des années 1990, l’archéologie préventive a favorisé la multiplication des découvertes, le développement des connaissances et le renouvellement des questionnements. Ces conditions ont favorisé l’émergence des premières monographies de sites et de synthèses pour la sphère funéraire de l’époque romaine sur notre territoire (Geoffroy, Barbé 2001 ; Blaizot et al. 2001 ; Bel 2002 ; Thernot et al. 2004 ; Nin et al. 2007 ; Blaizot dir. 2009 ; Laubry 2009 ; Raynaud 2010 ; Ancel 2012 ; Dananai 2019 ; Hernandez et al., 2022). Les ensembles funéraires ruraux, notamment, se sont accumulés. Leur variabilité, la diversité des pratiques funéraires mise en évidence et le renouvellement de l’approche permettent de réinterroger les manifestations de l’organisation de la société et des communautés qui la composent, de questionner leurs pratiques en regard du discours funéraire qui nous est parvenu, ainsi que leur rapport au territoire, à partir d’approches sérielles. On dispose désormais de corpus suffisamment étoffés pour établir des comparaisons régionales et diachroniques. L’interdisciplinarité qui s’est heureusement imposée en archéologie (Bizot, Richier 2022), permet d’aborder les pratiques et le recrutement des ensembles funéraires ruraux avec plus d’envergure, tandis que la rationalisation et la diversification des méthodes de terrain et d’étude, ainsi que des outils d’analyse, ont renouvelé les questions et permis de traiter des données à grande échelle (Duday et al. 2000 ; Bel et al. 2008 ; Van Andringa et al. 2013 ; Bonnet 2016 ; Larminat et al. 2017 ; Bel dir. 2016 ; Blaizot 2018 ; Bizot, Richier 2022 ; Knüsel, Schotsmans dir. 2022 ; Blaizot 2023 ; Granier, Boyer, Anstett 2023 ; Gleize, Bel 2024). Enfin, les avancées réalisées dans le domaine de la recherche fondamentale en anthropologie biologique ont abouti à des méthodes plus fiables et plus adaptées aux questionnements archéologiques (Dutour et al. dir. 2005), pendant que la possibilité d’exploiter l’ADN ancien a ouvert de nouvelles perspectives à l’étude de l’organisation des ensembles funéraires et plus largement à la dynamique des sociétés et ethnies (Geigl 2021 ; Gretzinger, Schmitt, Mötsch et al. 2024).

Le rapport à la mort, dans le monde romain, découle de processus religieux et culturels complexes, codifiés et encadrés juridiquement, mais qui laissent une certaine liberté aux groupes dans la manière de pratiquer le rite, tandis que le substrat culturel gaulois pèse lourdement sur les pratiques (Blaizot, Bonnet 2010), ce qui sans doute est à l’origine de la variabilité qui se dégage, au sein d’une unité générale. Les populations rurales semblent avoir organisé leurs espaces funéraires en fonction de la nature des occupations qui reflètent le lien entre les microsociétés et leur territoire selon des schémas qu’il reste à définir et qui, forcément, diffèrent des lois municipales régissant les villes (Monteil, Van Andringa 2019). La fouille simultanée d’habitatset d’ensembles funéraires associés reste rare en contexte rural, comme le déplorait Alain Ferdière en 1993 et comme nous l’avons récemment rappelé (Blaizot et al. à paraître), mais la situation évolue favorablement, en grande partie grâce à l’archéologie préventive. Il importe donc aujourd’hui de reconsidérer ces questions à la lumière de trente nouvelles années de recherches archéologiques, en faisant dialoguer deux facettes indissociables de la société que sont les espaces des vivants d’une part, et les espaces des morts de l’autre.

Les Gaules offrent des contextes variés, qu’il convient de définir et de mettre en perspective dans le cadre de comparaisons, en s’appuyant sur des synthèses régionales. Les questions traitant de la place des morts dans les campagnes pourront être éclairées par des études de cas, dont certaines portant sur d’autres provinces voisines.

La problématique sera abordée au moyen de plusieurs axes :

1/ Organisation, gestion et évolution des espaces funéraires dans les campagnes

Avec ou sans lien avéré à un habitat, la forme et l’organisation de ces espaces funéraire sont régies par des critères -selon les rangs sociaux pour certains- aussi variés que sont la visibilité dans le paysage, la nature et la taille de l’habitat (de la modeste ferme à la grande villa et à l’agglomération secondaire), la structuration du réseau d’occupation et de communication, le choix du terrain (topographie, nature du sol), le statut du terrain et ses mutations. La taille et la durée des ensembles funéraires, comme les conditions de leurs déplacements, constituent des questions clés : lien d’attractivité qui évolue, espace contraint à l’origine, changement de population… Les modes de gestion complexes (polarisation, superposition, recoupement de structures, regroupement ou dispersion des sépultures, changement d’orientation, secteurs spécialisés, appareils funéraires distincts) peuvent traduire des utilisations courtes ou longues des espaces funéraires, des groupes distincts, ou encore des mutations des établissements et résidences. On s’attachera à favoriser une réflexion chronologique et spatiale sur l’évolution de la gestion des espaces funéraires, uniques ou multiples.

2/ La dimension sociale : hiérarchisation, identité, statut des défunts

En raison d’un tropisme pour les contextes les plus prestigieux, la documentation publiée à ce jour concerne principalement les élites, au détriment de catégories sociales inférieures moins visibles (Lafon 2002 ; Van Andringa 2012 ; Achard-Corompt et al. 2016). Il conviendra d’analyser l’occupation funéraire rurale en s’interrogeant sur les marqueurs susceptibles d’aborder la composition sociale des groupes ou des sous-groupes, en favorisant les zones géographiques largement documentées du point de vue archéologique, et riches en documentation (analyse fonctionnelle des structures, dispositif funéraire, analyse de recrutement, assemblages de mobilier, éventuels monuments et dossiers épigraphiques…). La question difficile de la mise en parallèle de la hiérarchisation des morts avec celle des habitats, ainsi que celle des espaces au sein des habitats devra être abordée.

3/ L’apport de l’analyse des pratiques dans la relation des morts et des vivants

Les communications pourront aborder tout ce qui témoigne, au sein de l’ensemble du dispositif funéraire, du dialogue continu entre les morts et les vivants : les vestiges se rapportant à la constitution de la tombe du point de vue religieux (offrandes faites aux Mânes), les équipements hors fosse (superstructures), ainsi que les dispositifs de communication a posteriori tels les« conduits à libation », les vestiges de repas et les éventuels aménagements qui s’y rapportent. La question de la mémoire (mémoire individuelle, mémoire collective), et notamment de son maintien sur la durée devra être posée dans la variabilité des cadres socioculturels et socio-économiques identifiés. Ces rencontres seront résolument interdisciplinaires. Elles entendent rassembler, autour de la problématique retenue, la communauté des archéologues, archéothanatologues et historiens, et les nombreux spécialistes de ces disciplines (spécialistes des divers mobiliers, archéozoologues, carpologues, épigraphistes, biologistes, paléogénéticiens, etc.), en mesure d’enrichir les débats. Les communications peuvent se ranger de l’étude détaillée d’un site à la synthèse régionale, en accordant une large place au croisement de diverses approches, afin de mettre en perspective les spécificités des espaces funéraires dans le monde rural des Gaules et des Germanies romaines.

Appel à contributions | Bâtis et territoires. Construire les espaces habités de la Protohistoire à nos jours : approches archéologiques et historiques

Appel à contribution (formulaire ci-dessous) : les propositions de communication doivent être envoyées avant le 30 avril 2026
Contact : cepam.rencontres-de-nice@univ-cotedazur.fr

Présentation

Mots clefs
Archéologie ; bâtis ; territoires ; espaces habités ; économie de la construction ; ressources ; fait social ; innovation méthodes

Coordination scientifique
Fabien Blanc Garidel, chef du service d’Archéologie Nice Côte d’Azur ; Sandra Zanella MCF, CNRS UMR 7264 CEPAM-Université Côte d’Azur

Comité d'organisation

CEPAM (UMR 7264 CNRS-Université Côte d’Azur) ; Service archéologique de la Métropole Nice Côte d’Azur ; APDCA (Association pour la promotion et la diffusion des connaissances archéologiques)
Karine Fleurot ,CNRS, UMR 7264 CEPAM-Université Côte d’Azur (responsable administrative)
Fabien Blanc Garidel, chef du service d’Archéologie Nice Côte d’Azur
Sébastien Bully, CR CNRS, UMR 6298 –ARTEHIS
Morana Čaušević-Bully, MCF, CNRS, UMR 6249 Chrono-environnement-Université Franche-Comté
Mathias Dupuis, directeur de l’archéologie, Chartres Métropole
Isabelle Pimouguet-Pedarros, PU, CNRS, UMR 7264 CEPAM-Université Côte d’Azur
Elena-Roxana Popescu, CNRS, UMR 7264 CEPAM-Université Côte d’Azur (responsable administrative)
Antoine Pasqualini, CNRS, UMR 7264 CEPAM-Université Côte d’Azur
Sandra Zanella, MCF, CNRS UMR 7264 CEPAM-Université Côte d’Azur

En novembre 2001 se tenait la toute première rencontre d’ampleur consacrée à l’« Archéologie du bâti : pour une harmonisation des méthodes »[1] à Saint-Romain-en-Gal. Parallèlement, la première loi sur l’archéologie préventive en France venait tout juste d’être votée (17 janvier 2001), modifiant profondément le paysage professionnel de l’archéologie tout en encourageant la pratique de l’archéologie du bâti lors d’aménagements et de réhabilitations d’édifices de toutes natures et de toutes périodes. Après une période de maturité, un bilan aux contours ambitieux, à l’échelle de la France et de l’Europe, a été proposé lors du colloque d’Auxerre de 2019[2], en abordant tout à la fois des aspects épistémologiques, méthodologiques, universitaires, institutionnels et juridiques.

Aujourd’hui, force est de constater que l’archéologie du bâti est devenue une pratique courante tant en France qu’à l’étranger avec un nombre important d’opérations, réalisées dans des contextes préventifs ou programmés. La méthodologie de l’archéologie du bâti a ainsi été légitimée par une mise en œuvre concrète dans cette croissance constante des chantiers. Dans un même temps, les sciences humaines ont progressivement intégré les apports d’une histoire technique, économique et sociale soucieuse de prendre en considération les contextes de « production des bâtiments » ainsi que ses interactions avec les sociétés. Le concept d’« histoire de la construction »[3] s’est ainsi forgé pour englober l’ensemble des démarches historiques s’intéressant à l’objet bâti.

Sur la base de ces approches théoriques et méthodologiques renouvelées, ces rencontres s’attacheront à exploiter des résultats aujourd’hui dispersés, obtenus depuis ces 25 dernières années en France et à l’étranger, pour mesurer l’apport de ce domaine à l’accroissement des connaissances liées aux problématiques sur les manières d’habiter les territoires et de construire la société. En accord avec les propositions scientifiques émises dans le cadre de la programmation nationale de la recherche archéologique récemment renouvelée, ces rencontres s’attacheront donc à explorer l’évolution des pratiques de la construction et des manières d’habiter la ville comme la campagne depuis la Protohistoire jusqu’à nos jours. Seront privilégiées les communications proposant des synthèses d’ordre chronologique, spatial ou thématique, à différentes échelles d’analyse tout en s’insérant dans les quatre sessions proposées. Les communications pourront également mettre en avant des apports méthodologiques et les cadres d’interventions, à partir des principaux résultats scientifiques obtenus. À l’échelle des territoires actuels, on pourra également s’interroger sur la place et le rôle de l’archéologie du bâti dans les projets de valorisation et les actions de médiations.

Le cadre géographique privilégié sera celui de l’Europe et plus largement du bassin méditerranéen.

[1] Parron I., Reveyron N. (dir.) 2005 : Archéologie du bâti. Pour une harmonisation des méthodes, Paris, Éditions Errance, 159 p.

[2] SAPIN (Ch.), BULLY (S.), HENRION (F.), « L’archéologie du bâti Aujourd’hui et demain. Déconstruire sans détruire », Archéologie du bâti. Aujourd’hui et demain, SAPIN (Ch.), BULLY (S.), BIZRI (M.), HENRION (F.) (direction), ARTEHIS Éditions, 2022, https://books.openedition.org/artehis/26192.

[3] DESSALES, Hélène. L’archéologie de la construction : une nouvelle approche de l’architecture romaine. Annales. Histoire, Sciences Sociales. Octobre 2017, Vol. 72, nᵒ 1, p. 75‑94.

La rencontre sera organisée autour de quatre sessions :

1/ Le bâti, miroir de contextes environnementaux et économiques

Étudier et fouiller le bâti ancien revient souvent à questionner les impacts de l’homme sur son environnement et à envisager les monuments construits comme des produits de leur terroir. L’analyse archéologique révèle alors une exploitation souvent intensive des forêts, des rivières et des carrières. De ce point de vue, les vestiges que l’on étudie conservent des traces qui permettent à la fois de renseigner les ressources environnementales, mais aussi les processus techniques, les métiers du bâtiment et les conditions économiques des chantiers de construction, tant pour les commanditaires que pour les bâtisseurs. Cette session insistera sur l’économie du chantier et sur ses impacts sur les paysages, tant urbains que ruraux. Il s’agira notamment de mettre en lumière les potentiels paléoenvironnementaux que l’on peut tirer du bâti autant que les questions relatives à l’exploitation et à la circulation des matériaux.

2/ Le bâti à l’aune de la morphogenèse des espaces habités

Le monde urbain est un espace spécifique qui caractérise l’implantation humaine des sociétés passées. Il peut être archéologiquement appréhendé de différentes manières, mais le fait majeur et les témoins qui nous sont parvenus sont clairement représentés par et dans le bâti. Alors que les fouilles sédimentaires guidaient jadis les interrogations sur la construction et les évolutions urbaines, le développement de l’archéologie du bâti tend à inverser ce schéma en étudiant préalablement les constructions pour réinterroger ensuite les stratigraphies sédimentaires et plus généralement l’organisation et les évolutions urbaines. La ville est envisagée comme un objet d’étude qui s’appréhende sur le temps long et le bâti en enregistre par conséquent une partie de l’histoire. Son étude permet également d’interroger le paradigme urbain/rural et de proposer ainsi une relecture critique de l’opposition entre ville et campagne.
Cette session s’attachera à mettre en évidence la façon dont l’étude du bâti modifie ou consolide les modèles d’évolutions urbaines, révélant ainsi les interactions et les tensions permanentes qui s’exercent entre espace public et espace privé. Plus globalement, d’un monument isolé jusqu’à l’habitat groupé, il s’agira de proposer des relectures et de faire émerger de nouvelles problématiques de recherches sur l’implantation, l’organisation et l’évolution urbaines.

3/ Le bâti et le fait social

En privilégiant l’étude d’objets historiques complexes, dont l’usage perdure parfois dans le temps, la connaissance du bâti ancien ouvre sur une dimension anthropologique à travers laquelle il est possible de questionner les usages sociaux qui se rattachent aux édifices appréhendés par les archéologues et les historiens. Cette approche peut être conduite à différentes échelles, depuis un bâtiment en tant que tel, jusqu’à un ensemble beaucoup plus complexe (groupe monumental, quartier, ville ou village…). Elle peut alors appréhender des usages sociaux, tels ceux qui se rattachent aux pratiques rituelles ou religieuses, aux usages communautaires ou à la sphère domestique (manières d’habiter), notamment lorsque le processus de construction et de transformation en porte les traces (organisation spatiale, témoignages de l’usage et de l’usure…). Il peut aussi s’agir de se focaliser sur le contexte de production et sur la façon dont le phénomène constructif s’appuie sur les ressorts de l’organisation collective pour mobiliser les moyens et les ressources nécessaires à sa mise en œuvre pratique.

4/ Le bâti entre innovation méthodologique et technologique

Dans une approche interdisciplinaire, cette session traitera des apports et des limites de méthodes encore émergentes dans leur application au bâti ancien. Elle est tout spécifiquement pensée pour réfléchir aux nouvelles techniques de datation et aux nouvelles approches digitales basées notamment sur l'IA et l'apprentissage automatique en particulier, mais elle est également ouverte à d’autres innovations méthodologiques appliquées à l’étude du bâti.

Présentation générale des Rencontres

Intitulées jusqu’en 2018 Rencontres internationales d’Archéologie et d’Histoire d’Antibes et depuis 2019 Rencontres internationales d’Archéologie et d’Histoire de Nice Côte d’Azur, les Rencontres internationales d’Archéologie et d’Histoire sont organisées depuis 1980 par le CEPAM (Cultures Environnements Préhistoire Antiquité Moyen Age, UMR 7264 CNRS-Université Côte d’Azur) et par le CRA (Centre de Recherches Archéologiques, Valbonne Sophia-Antipolis) avant lui. Ces Rencontres, annuelles, n’ont plus à se faire connaître de la communauté scientifique nationale et internationale. Elles participent ainsi depuis longtemps au dynamisme et au rayonnement du laboratoire niçois d’histoire et d’archéologie qu’est le CEPAM bien au-delà du périmètre régional. Renouvelant sa thématique à chaque édition, ce colloque porte un éclairage sur les recherches menées au CEPAM en interaction avec un dense tissu de collaborations académiques et de partenariats diversifiés. Le caractère interdisciplinaire, la diversité des thématiques abordées dans une approche diachronique, ainsi que la publication rapide des actes (dans l’année qui suit le colloque) sous la houlette de l’APDCA, assurent le succès de ces Rencontres depuis quatre décennies. Quoique plutôt destinée à un public de spécialistes, cette manifestation scientifique est ouverte à un plus large auditoire, notamment par le biais d’une conférence dite « grand public », programmée en soirée.
En vertu d’une convention signée en 2018 entre le CEPAM, la Ville de Nice et la Métropole Nice Côte d’Azur, les Rencontres sont organisées en partenariat avec le Service d’Archéologie de la Métropole Nice Côte d’Azur. L’équipe départementale d’archéologie du site du Lazaret (Nice) est également un partenaire récurrent de ces Rencontres, par sa participation très régulière aux comités scientifique et/ou d’organisation. Cette collaboration est facilitée par l’existence d’une convention associant le CEPAM et le Lazaret, cadrant des échanges fréquents et fructueux au travers de projets de recherche et d’actions de formation partagés. Au-delà d’un soutien financier, le partenariat avec les collectivités territoriales, qu’il s’agisse du département des Alpes-Maritimes, de la Métropole Nice Côte d’Azur ou de la Ville de Nice, permet de renouveler et de consolider les relations entre la recherche académique conduite à l’Université Côte d’Azur et dans les laboratoires et les acteurs locaux de l’archéologie, de l’histoire et de la culture en général.
Les actes des colloques publiés par l’APDCA constituent aujourd’hui une collection de référence de plus de 40 volumes (https://www.cepam.cnrs.fr/publications/rencontres-internationales-darcheologie-et-dhistoire-de-nice-cote-dazur/). Si ces ouvrages sont incontournables des bibliothèques institutionnelles, ils affichent également l’ambition de rendre compte des avancées de la recherche auprès d’un lectorat dépassant la seule communauté scientifique.

Master 2P2A | Tracer ma voie après mon Master d’archéologie

Que faire après un Master recherche en archéologie ? Le 8 janvier 2026, le CEPAM invite lesétudiants du Master Préhistoire, Paléoenvironnement, Archéosciences et Archéologie (2P2A) à une rencontre de professionnalisation conviviale et interactive. Autour d’un déjeuner-buffet,d’animations participatives et d’échanges informels, d’anciens diplômés de Master et de Doctorat viendront raconter leurs parcours, en archéologie… ou bien ailleurs. Médiation, gestion de projet, patrimoine, tourisme, communication : découvrez comment valoriser toutes vos compétences et explorer de nouvelles perspectives professionnelles.

Contact : Lydie.dussol@univ-cotedazur.fr

Colloque | Congrès Préhistorique de France 2026 : Appel à communication session

Appel à communication PDF : Appel_comm_SPF26

L’appel à communication est lancée pour la session : La montagne, entre espace sauvage et agropastoral : l’exploitation préhistorique des terres d’altitude vue par la bioarchéologie.
Cette session est organisée dans le cadre du prochain congrès de la Société Préhistorique française, qui aura lieu du 8 au 13 juin 2026 à la MSH de Clermont-Ferrand, et dont la thématique est :
Espaces contraints, espaces subis ? Les territoires préhistoriques à l’épreuve du milieu physique

 Vous trouverez plus d’informations sur les contours de la session dans le document joint.
Toute personne intéressée peut envoyer une proposition de communication à lucie.martin@unige.ch et à manon.vuillien@univ-cotedazur.fr

Les organisateurs :

Lucie Martin, Université de Genève/Edytem, Université Savoie-Mont Blanc
Claire Delhon, Université Côte d’Azur, CEPAM, CNRS
Erwan Messager, Edytem, CNRS, Université Savoie-Mont Blanc
Estelle Herrscher, LAMPEA, CNRS, Université Aix-Marseille
Manon Vuillien, Université Côte d’Azur, CEPAM, CNRS

1er Webinaire de l’Innovation en Bioarchéologie (WIB)

Cellule 4 : Innovations, intégration et interdisciplinarité, la bioarchéologie dans ses marges – de la Fédération de Recherche et d’Animation en Bioarchéologie, organisé par Marjan Mashkour (BioArch, CNRS, MNHN, Paris) et Matthieu Le Bailly (Chrono-Environnement, Université de Franche-Comté, Besançon)

Ce premier webinaire aura lieu le vendredi 28 novembre à partir de 10h. 

Deux communications seront présentées à cette occasion, notamment les travaux menés par Manon Vuillien, Marco Corneli et Davide Adamo à la frontière de l’archéozoologie et du machine learning.

Manon Vuillien
“Computational comparative anatomy” for faunal remains: combining zooarchaeology and machine-learning.

Agathe Guignet
Written in Petrous Bones : Diversité Taxonomique et Évolution à Long terme des Moutons, Chèvres et Bœufs dans le Plateau Iranien, en Asie Centrale et dans le Caucase

Ces communications seront suivies par une session discussion animée par José Braga pour faire le lien entre les méthodes archéozoologiques et anthropologiques, et de comparer les approches.

Archéologie préventive | Bilan sur l’apport de l’archéologie préventive à la connaissance de Marseille

Affiche_9.Actualités archéologie préventive decembre

Bilan sur l’apport de l’archéologie préventive à la connaissance de Marseille Les fouilles conduites durant les dernières décennies à Marseille ont complètement renouvelé la vision que l’on avait de l’évolution de ce port méditerranéen. Déjà, les découvertes du Centre Bourse avaient montré la grande extension de la ville dès la fin du VIe siècle av. J.-C. Depuis, si la période grecque a été souvent mise à l’honneur, elle n’est plus la seule à bénéficier de l’attention des archéologues. La parution récente d’un ouvrage, dans la série de publication des « Fouilles à Marseille », vient apporter un éclairage nouveau sur la ville de ses origines jusqu’à l’Antiquité tardive. Il vient compléter les deux volumes déjà paru traitant de la ville et des mobiliers médiévaux et modernes. À partir des grandes fouilles urbaines de l’Alcazar et du quartier de la Major menées à l’aube des années 2000 et dont les données archéologiques sont présentées de façon détaillée, plusieurs thèmes sont abordés et traités de manière synthétique. Ainsi, l’urbanisme, le réseau des rues, les zones de nécropoles ou de cimetières, l’organisation des zones suburbaines et du territoire marseillais sont revisités à travers les données les plus récentes de l’archéologie préventive. D’autres fouilles de moindre envergure, situées dans le quartier du Panier ou sur la butte Saint-Laurent, c’est-à-dire au cœur de la ville antique, complètent le corpus des sites étudiés. Une attention particulière a été portée à la connaissance de la ville médiévale, en exploitant à la fois les données archéologiques et les textes d’archives. Enfin, la compréhension de la ville de l’Antiquité tardive et du haut Moyen Âge a bénéficié d’unerelecture croisée entre ville antique et ville médiévale. Un travail cartographique d’ensemble a permis d’uniformiser lareprésentation de l’évolution urbaine, de la fondation phocéenne à nos jours.

Table ronde | Les respirations de la ville entre événements historiques, évolutions morphologiques et environnementales : approches critiques des données

9h00 – 9h20 S. Zanella (UNICA – CEPAM – UMR 7264) : Introduction

9h20 – 9h40 F. Varitille (UNICA – CEPAM – UMR 7264) : Le gouvernement urbain de Nice à la fin du Moyen Âge, au prisme de ses archives

9h40 – 10h00 A. Grandieux (Service archéologique de la ville de Nice- CEPAM – UMR 7264) : La ville antique de Cemenelunum

Discussions – pause

11h00 – 11h20 Ph. Pergola (Directeur de Recherche Émérite du CNRS UNICA – CEPAM – UMR 7264) : Albenga « capitale des ligures »

11h20 – 11h40 A. Paonessa (Service de l’archéologie du département du Var) : Les respirations de la ville de Vintimille entre événements historiques, évolutions morphologiques et environnementales : approches critiques des données

12h00 – 12h20 E. Delaval (Directeur du musée d’Archéologie d’Antibes CEPAM – UMR 7264)– R. Thernot (Inrap) : Antibes

Discussion – Repas

14h00- 14h20 F. Blanc Garidel (Service archéologique de la ville de Nice – CEPAM – UMR 7264) : Grasse

14h20 – 15h00 M. Pasqualini (Conservateur du patrimoine honoraire – CEPAM – UMR 7264) : Les respirations de la ville entre événements historiques, évolutions morphologiques et environnementales : approches critiques des données Le cas de Telo Martius (Toulon).

15h00 – 15h20 P. Digelmann (Service de l’archéologie du département du Var – CEPAM UMR 7264) : Les agglomérations de la colonie de Fréjus

Discussion – Pause

16h00 – 16h20 S. Ziegler (Service de l’archéologie du département du Var – CEPAM UMR 7264) : Histoire urbaine de Saint-Maximin

16h20 – 17h00 S. Claude (Conservatrice du patrimoine – Direction Archéologie et Muséum de la Ville d’Aix-en-Provence) : Aix-en-Provence

Séminaire | Des témoins funéraires à la caractérisation des organisations sociales

13h45-14h00 : Introduction

14h00-14h45 : Aline THOMAS (Éco-anthropologie, MNHN, Paris) : Lecture sociale des sépultures monumentales Cerny (Néolithique moyen) : l’apport des données de l’anthropologie biologique

14h45-15h30 : Michel LAUWERS (CEPAM, Université Côte d’azur, Nice) : L’organisation funéraire comme pratique sociale. Structures matérielles, système de représentation et dynamique sociale en Europe du 4e au 18e siècle

15h30-15h45 : Pause

15h45-16h30 : Olivier LANGLOIS (CEPAM, CNRS, Nice) & Philippe CHAMBON (Éco-anthropologie, MNHN, Paris) : De la difficulté d’interpréter certaines données funéraires en termes d’organisation sociale : le cas de la chefferie de Djaba Hosséré (Nord-Cameroun)

16h30-17h15 : Frédérique VALENTIN (TEMPS, CNRS, Nanterre) : La place sociale des femmes au Vanuatu durant la période pré-européennes : étude de trois cas archéologiques

17h15-17h30 : Discussion

 

Conférences | Uncovering Amazonia’s Past Climate And Ecological Change, One Pollen Grain At A Time & Lessons From The Past That Inform Our Future : A Sedimentologist Perspective On Tectonics, Climate And Paleoenvironmental Change

Contact : antoine.pasqualini@cnrs.fr

Uncovering Amazonia’s Past Climate And Ecological Change, One Pollen Grain At A Time – Dael Sassoon (Geociencias Barcelona)

Palynology offers a powerful tool to understand vegetation shifts, climate variability, and ecological resilience over millennia. Yet, pollen analysis in Amazonia—and the tropics more broadly—is often hindered by challenges such as high biodiversity, complex fluvial dynamics, and intricate taphonomic processes that hide key drivers of ecological change. Addressing these challenges has been central to Dr Dael Sassoon’s research. His work integrates palaeoecological and geochemical analyses, fossil and modern pollen datasets, novel field methodologies, and quantitative climate reconstructions to explore various facets of the Amazonian ecosystem, including peatland development in the Peruvian lowlands, pollen transport dynamics across forest and river systems, and the drivers of ecological change across spatial and temporal scales. This research provides critical insights into the long-term resilience and vulnerability of the Amazon, forming an essential foundation for effective conservation and climate adaptation strategies amid increasing threats to one of Earth’s most biodiverse and carbon-rich tropical ecosystems.

Lessons From The Past That Inform Our Future: A Sedimentologist Perspective On Tectonics, Climate And Paleoenvironmental Change – Jonathan Obrist-Farner (Missouri University of Science and Technology)

As Earth’s atmosphere warms and human populations grow, more people are becoming vulnerable to both natural and human-induced disasters. This is especially true in Central America, where a rapidly expanding population faces climate extremes and a wide range of geological hazards. In this talk, I will synthesize nine years of sedimentological and paleolimnological research in western Central America that has helped us address some of these challenges. In the first part, I will show how the recent sedimentological record of lakes has been used to reconstruct past tectonic activity along the North American and Caribbean plate boundary. We will examine six lakes situated along this boundary and explore how the catastrophic 1976 Mw 7.5 Motagua earthquake impacted them. By combining documentation of destruction with sedimentary evidence, we were able to understand how the asymmetric distribution of seismic energy during the event influenced not only the lakes but also the broader pattern of destruction. This work provides crucial insight into how lakes respond to recent earthquakes, enabling us to calibrate their records and use them to investigate the paleoseismic history of the region, including how often the boundary ruptures in large earthquakes. The second part of the talk will focus on how our work laid the foundation for the Lake Izabal Basin Research Endeavor (LIBRE) International Continental Scientific Drilling Program. The project aims to establish a seismic observatory along the North American and Caribbean plate boundary and to recover long sediment cores from the deep basin. Analyses of seismicity near the Lake Izabal Basin, combined with industry seismic data, well logs, outcrops, and Holocene sediment cores, have allowed us to reconstruct the basin’s infill history and its tectonic evolution. Outcrop observations and seismic interpretations suggest the basin preserves a sedimentary record spanning several million years. Radiocarbon-dated sediment cores from Lake Izabal, which lies on the basin’s eastern side, provide a first glimpse into this record, revealing evidence of Holocene hydroclimate change, sea-level shifts, and ecosystem dynamics in the northern Neotropics. Future drilling through LIBRE will extend this record back eight million years, offering unprecedented insight into Earth’s history while also improving our ability to assess seismic risk in the region.