Article | Recherche de sites archéologiques et de séquences sédimentaires du Pléistocène moyen dans la Maiella (Abruzzes, Italie)

Source : https://journals.openedition.org/baefe/14531

Date précise de l’opération : 30‑31/10/2024, 10/04/2025

Autorité nationale présente : Soprintendenza Archeologia, Belle Arti e Paesaggio per le province di Chieti e Pescara

Composition de l’équipe de terrain : Elisa Nicoud, CNRS, responsable ; Valentina Villa, CNRS

Établissements porteurs de l’opération : EFR

Partenariats institutionnels :
– CEPAM CNRS-Université Côte d’Azur
– Università degli studi di Ferrara
– Soprintendenza Archeologia, Belle Arti e Paesaggio per le province di Ascoli Piceno, Fermo e Macerata
– Comune di San Severino Marche

Organismes financeurs :
– EFR
– CEPAM UMR 7264
– Université Côte d’Azur

Les recherches 2024-2025 sur le Paléolithique des Abruzzes sont financées par l’École française de Rome, et le laboratoire CEPAM UMR 7264 CNRS – Université Côte d’Azur.

Les sondages ont été réalisés dans le cadre de la concession de fouille MIC|MIC_DG-ABAP_SERV II|06/09/2024|0029026-P – Abbateggio (PE), loc. Selvotta, Feuille 12, parcelles 16, 224, Feuille 12, parcelle 223, et à Caramanico Terme (PE), loc. San Nicolao – Colle Bianco, Feuille 11, parcelles 41, 63, 311, 312, Feuille 12, parcelle 201, Feuille 17, parcelle 33, Feuille 41, parcelles 300, 313.

Ouvrage | Sur le chemin oublié des pierres taillées. Itinérance d’une préhistorienne en Orient

Source : https://www.editions-harmattan.fr/catalogue/livre/sur-le-chemin-oublie-des-pierres-taillees/80514

Dans ces entretiens qui retracent ses pérégrinations et ses multiples rebondissements, la préhistorienne Marie-Louise Inizan nous livre le récit d’un parcours scientifique déterminé par une approche rigoureuse et originale, la technologie lithique. Son cheminement ne sera pas linéaire. Il sera émaillé de changements de cap dus à des contingences multiples, dont des guerres et conflits de tous ordres. La conjonction de tous ces éléments l’a contrainte à adapter ses problématiques à de nouveaux terrains, tout en mettant en place peu à peu les pièces d’un puzzle complexe, l’aventure humaine au long cours.

Ouvrage | La bergerie néolithique de la Grande Rivoire à Sassenage (Isère). Deux millénaires et demi de vie pastorale dans les Alpes françaises du Nord

Source : https://archeoaep.fr/?product=la-bergerie-neolithique-de-la-grande-rivoire-a-sassenage-isere

L’abri-sous-roche de la Grande Rivoire est un gisement archéologique majeur des Alpes françaises du Nord. Localisé dans la vallée du Furon, principale voie de communication entre la cluse de l’Isère et les plateaux du Vercors septentrional, il s’ouvre à 580 m d’altitude en limite des étages collinéen et montagnard. Les fouilles programmées réalisées sur le site depuis les années 1980 ont révélé une séquence stratigraphique développée sur plus de cinq mètres d’épaisseur. S’y succèdent des niveaux d’occupation du Premier et du Second Mésolithique, de toutes les phases du Néolithique, des âges des Métaux et de l’époque gallo-romaine.

Cet ouvrage en deux volumes présente le contexte sédimentaire et chronoculturel général du gisement, ainsi que l’historique et le cadre administratif des fouilles. Il se focalise ensuite sur la séquence médiane du remplissage, formée de dépôts accumulés entre 5200 et 2500 ans avant notre ère qui résultent principalement d’une alternance de phases de parcage d’herbivores domestiques et d’épisodes de feu intentionnel.

Outre les études portant sur le mobilier archéologique et les aménagements anthropiques, des analyses sédimentologiques, archéobotaniques et archéozoologiques ont été mobilisées pour documenter cette « séquence de bergerie ». L’approche pluridisciplinaire a permis d’identifier des marqueurs spécifiques de pratiques pastorales et d’en suivre l’évolution sur plus de deux millénaires et demi, fournissant ainsi un nouvel éclairage sur les premières sociétés agropastorales de la région. À plus large échelle, ces nouvelles données participent aux débats sur l’exploitation des territoires montagnards durant le Néolithique.

Article | Volcanoes, Climate, and Society

Source : https://doi.org/10.1146/annurev-earth-032524-013254

This review examines the societal ramifications of large volcanic eruptions—not the proximal impacts of lava, ash, pumice, and gaseous emissions but rather the consequences of the climate forcing triggered by dispersal of volcanic sulfate aerosol in the stratosphere. Using ice core records of volcanism and tree-ring data of summer temperature anomalies, we analyze 38 preindustrial eruptions that injected an estimated 6 Tg or more of sulfur into the stratosphere. We then explore more than 100 works that consider the volcanism-climate-society nexus, teasing out the key elements of their arguments for or against the role of volcanically forced climate change in far-field societal impacts. As well as summarizing and interrogating the history of ideas and state of the art on this topic, we hope to stimulate further holistic, interdisciplinary approaches to assess the broader implications of volcanic eruptions, particularly for global food security—both in the past and in the future.

Article | An Emerging Proto-Industrial Paradigm: Recent Data on the Organisation of Ceramic Production in Ur III Mesopotamia

Source : https://doi.org/10.54103/eap/27311

While cuneiform sources from the late 3rd millennium BCE Mesopotamia describe labour-intensive and structured economic systems, relations and means of pottery production remain elusive in archaeological evidence. Few studies have explored the organisation of ceramic workshops from this period,and issues related to kiln technology remain poorly addressed. The recent discovery of complex firing systems integrated into large pottery workshops at the site of Logardan in Iraqi Kurdistan, dating to the last centuries of the 3rd millennium BCE, calls for a reassessment of pottery production organisation and practices within the context of the first empires. The site is a ceramic production centre located at the margins of the Ur III empire, featuring large-scale systems of kiln connections through horizontal ducts to enhance firing efficiency and optimisation of fuel and heat. Ongoing excavations provide new sets of archaeological data (spatial, architectural, pottery typologies and techniques), which makes it possible to revise traditional political, technical and socio-economic paradigms about ceramic production. This paper investigates the integration of such mundane craft into the Ur III state economic system, highlighting an emerging path towards proto-industrialisation.

Article | Differential Taphonomic Behavior of Flint Types: Experimental Insights and Implications for the Middle Stone Age Assemblages of Wadi Lazalim in the Northern Sahara (Kebili, Tunisia)

Source : https://doi.org/10.1007/s10816-025-09757-x

Several syn and post-depositional processes are responsible for different degrees of site and assemblage formation and disturbance. Understanding the processes that lead to archaeological site formation is essential for interpreting past human activities, settlement patterns, and occupation dynamics. Among these processes, water flow is commonly recognized as a major factor influencing site and assemblage formation and integrity. Lithic taphonomy can add valuable information to the understanding of these natural processes. To better evaluate how different flint types react to both mechanical and chemical stresses, we carried out controlled and sequential experiments on knapped flint artifact replicas. These were realized on two different flint varieties, recognized in the archaeological assemblage of a Middle Stone Age open-air site located at Wadi Lazalim (Southern Tunisia). Our methodological framework is based on a sequential tumbling experiment that simulates the remobilization of artifacts by water. The resulting post-depositional surface modifications (PDSM) were observed and recorded. In addition, a sample of flint replicas underwent chemical alteration in a controlled environment, allowing us to document and measure both patina formation and changes in surface roughness. These experimental results were then compared with a sample of archaeological materials, providing the basis for a preliminary and exploratory hypothesis concerning the taphonomic processes at the site. Here, we observed that most of the alterations appear to be linked to patina formation, whose variable degree and kind are more strongly correlated with differences in raw material texture rather than to the co-occurrence of artefacts from different chronological spans.

Article | La séquence du Moustérien Quina des Pradelles (Marillac-le-Franc, Charente) : approche techno-économique des industries, Bulletin de la Société préhistorique française, 122, 3, p. 335-367.

Source : https://www.prehistoire.org/shop_515-50155-0-0/10-2025-tome-122-3-p.-335-367-meignen-l.-bourguignon-l.-mann-a.-maureille-b.-2025-la-sequence-du-mousterien-quina-des-pradelles-marillac-le-franc-charente-approche-techno-economique-des-industries.html

L’étude des outillages lithiques présentée ici concerne la totalité des occupations humaines identifiées dans le site des Pradelles (lithofaciès 2 et 4), par ailleurs connu pour les nombreux restes humains néandertaliens mis au jour. La confrontation de ces nouvelles données techno-économiques avec celles des études archéozoologiques déjà publiées permet de préciser les activités menées sur le site tout au long de la séquence.

Quatre lithofaciès (faciès 2a, 2b, 4a, 4b) y ont été identifiés qui se situent probablement à la fin du MIS 4 (2a) et au début du MIS 3 (2b à 4b), jusqu’à -55 ka environ (datations OSL et IRSL).

Les travaux antérieurs avaient mis en évidence, dans les niveaux de base de la séquence, un Moustérien de type Quina qui, associé à de très nombreux restes de rennes, montrait une gestion différentielle des matières premières. Sur la base des données de l’étude du lithique et de celle des restes osseux, ce site a alors été considéré comme une halte de chasse spécialisée dans le traitement des carcasses de rennes en vue d’une consommation différée. Les Néandertaliens y ont aussi traité certains de leurs congénères de façon similaire aux ongulés.

L’étude techno-économique présentée ici indique que les outillages provenant des quatre niveaux lithostratigraphiques nouvellement définis lors des recherches de terrain entreprises entre 2002 et 2012 montrent des caractéristiques comparables dans leurs grandes lignes, tout au long de la séquence. Les groupes de Néandertaliens qui ont fréquenté le site de façon répétitive appartiennent tous à une même tradition technique, le Moustérien de type Quina.

Les faibles densités de matériel lithique qui contrastent fortement avec l’abondance des restes osseux, les stratégies de gestion des matières premières comparables dans tous les niveaux, suggèrent des occupations de courte durée, motivées par le même objectif. Ces stratégies d’acquisition/gestion des outillages reposent sur l’introduction de matériaux exogènes, sous diverses formes, complétée par une production sur site, en matériaux locaux de moindre qualité, plus ou moins dominante selon les niveaux.

Cependant, les études détaillées présentées ici font apparaître, selon les niveaux considérés, des différences d’ordre techno-économique, identifiées dans la gestion des matières premières, et en particulier dans le séquençage des chaînes opératoires.

Ainsi dans les niveaux inférieurs (faciès 2), les activités sont diversifiées, avec une part importante de la production de supports réalisée sur place (débitage, recyclage) mais aussi une activité d’entretien des outils, quelle que soit la matière première. Durant les activités réalisées lors de la mise en place du faciès 4 (niveaux supérieurs) au contraire, au sein desquelles les proportions de produits importés sont nettement plus marquées, ce sont les activités de maintenance (et en particulier, aménagement et réaffûtage des racloirs Quina en matériau exogène) qui dominent. Ces derniers éléments témoigneraient, dans les niveaux supérieurs, d’activités de traitement des peaux sur site plus importantes que dans les niveaux inférieurs.

La confrontation des données archéozoologiques avec celles du lithique montrent que dans ce site d’activités spécialisées (campement temporaire saisonnier lié à l’exploitation des rennes interceptés lors de leur migration), ce sont les activités de boucherie secondaire qui dominent (sur les éléments de carcasses importées, prélèvements de filets, de tendons ; fracturation des ossements pour l’exploitation de moelle et graisse ; récupération des extrémités articulaires ; fabrication/utilisation de retouchoirs en os), ainsi que le traitement partiel des peaux. Une dissociation des activités dans l’espace est observée : boucherie primaire (hors cavité, sur le site d’abattage), boucherie secondaire (dans une partie de la cavité) et travail des peaux (probablement partiellement hors cavité) impliquant un flux des différents éléments de carcasses animales, et en parallèle, celui de l’outillage lithique impliqué dans chacune des étapes de traitement (import et exportation de racloirs Quina en particulier).

Le caractère répétitif de ces activités en un même lieu ou à très grande proximité, ainsi que les stratégies de gestion des matières premières, suggèrent une organisation structurée de l’espace régional dont les ressources sont connues et leur exploitation planifiée. Le site des Pradelles aurait alors occupé une place très particulière dans le cycle annuel de ces chasseurs-cueilleurs destinée à la constitution de réserves alimentaires utilisées durant les périodes de pénurie. L’ensemble des comportements décrits témoigne incontestablement chez ces Néandertaliens d’une double anticipation des besoins, techniques et alimentaires. Pour le moment, Les Pradelles est incontestablement un site moustérien sans équivalent en région Nouvelle-Aquitaine.

Article | Organic geochemical investigations of an MIS 5 fire in the Palaeolithic deposits of Ormesson (Seine-et-Marne, France): Anthropic or natural?

Source : https://doi.org/10.1016/j.quascirev.2025.109708

Despite the central role of fire in Pleistocene and Palaeolithic lifeways, the relationship among hominins, fire, and their environment remains unclear. Ancient combustion residues hold a wealth of molecular data that may help to resolve some of these questions, yet standardised guidelines for reconstructing past fire traces are notably lacking. In this study, we examine extensive combustion residues overlying Middle Palaeolithic deposits from the open-air site of Ormesson (France). To determine whether the combustion residues are of natural or human origin, multiproxy approaches including anthracology, lipid biomarker, and benzene polycarboxylic acid (BPCA) analyses are applied. These techniques are used to characterise organic matter and pyrogenic carbon compositions in the deposits, providing insights into surrounding vegetation, palaeoenvironmental shifts, and the production parameters involved in the formation of the char assemblage. Lipid biomarker evidence suggests that the pre-fire local environment featured abundant coniferous vegetation (e.g., Pinaceae taxa), which is supported by anthracological evidence for a predominance of Pinus cf. sylvestris/nigracomplemented by Betula sp. taxa. The post-fire environment saw a contraction of coniferous vegetation, concurrent with an expansion of deciduous taxa, grasses and herbaceous material. The combustion event, which resulted in 67 % of the charcoal assemblage exhibiting vitrification, produced PyC contents of up to 362 g/kg OC in soil samples and 443 g/kg OC in charcoal samples, with aromatic condensation values of up to 34 %. BPCA-derived predictions of heat treatment temperatures yielded values of approximately 300–400 °C for charcoal samples and 400–550 °C for soil samples in the burned layer, constituting the first instance in which quantitative temperature estimations are obtained from BPCA results. Based on the integrated evidence, we accept the null hypothesis that the studied combustion residues are natural in origin. However, the similarity of archaeometric and geochemical signatures from natural and human-controlled fires underscores the need for interdisciplinary, multiproxy efforts to improve the identification of past fire regimes.

Article | The dispersal of domestic cats from North Africa to Europe around 2000 years ago

Source : DOI: 10.1126/science.adt2642

Tracing the origins of domestic cats (Felis catus) has been limited by a lack of ancient DNA for these animals, as well by their morphological similarity to the African wildcat (F. lybica lybica) and European wildcat (F. sylvestris). De Martino et al. generated low- to medium-coverage genomes for 87 ancient, museum, and modern cats (see the Perspective by Losos). They found that domestic cats are most genetically similar to African wildcats, although there has been widespread gene flow between wild and domestic populations. European samples that cluster with domestic cats only appear in the 1st century CE, suggesting a later dispersal of domestic cats than previously thought. Although broader sampling is needed, this study shows the complexity of population dynamics that is often revealed when looking beyond mitochondrial DNA. —Corinne Simonti

Article | Démarches participatives en archéologie

Lien vers l’article : https://www.prehistoire.org/offres/doc_inline_src/515/SPF%2B22%2BDE9marches%2Bparticipatives%2B0B%2BVigne%2BBAT%2BBD.pdf

En archéologie, comme dans de nombreux domaines de connaissance, émergent de plus en plus de projets de sciences participatives, définis comme « des formes de production de connaissances scientifiques auxquelles des acteurs, non scientifiques professionnels, participent de façon active et délibérée » (Houllier et Merilhou-Goudard, 2016). Ces recherches se caractérisent par le double objectif de produire des connaissances scientifiques (grâce au recueil, à l’analyse ou à

l’enrichissement de données) et de viser un apprentissage et une montée en compétence citoyenne, que ce soit sur le sujet d’étude, sur la méthode scientifique ou plus largement sur la démarche de recherche ou de patrimonialisation. Organisée à l’initiative de la Société préhistorique française dans le cadre de ses Séances, en lien avec la sous-direction de l’Archéologie du ministère de la Culture, la table ronde qui s’est déroulée du 14 au 15 mars 2024 avait pour objet de rendre visible le plus grand nombre possible d’initiatives participatives de recherche et de valorisation du patrimoine archéologique, qu’elles soient préhistoriques ou historiques. Au-delà de cet état des lieux, elle aspirait à croiser les expériences des différents acteurs, à identifier les éventuels freins et à dégager des opportunités. À terme, il s’agira aussi d’aider les institutions à promouvoir l’archéologie participative et à mieux l’intégrer dans leurs stratégies. Cette introduction précise les conditions d’organisation de la table ronde et tente une analyse croisée des études de cas présentées dans ce volume. Il apparaît que les projets existants, très souvent amorcés par des structures associatives, sont plus nombreux et plus divers qu’on ne pouvait l’imaginer, et que l’échantillon réuni ici n’est, de ce fait, pas nécessairement représentatif de ce foisonnement. Quelques pistes sont cependant esquissées en vue de compléter la cartographie nationale et de la rendre plus visible, de stimuler les interactions entre les nombreux acteurs impliqués et de contribuer au développement de ce champ de recherche novateur et prometteur.

Mots-clés : archéologie, recherches participatives, mouvement associatif, citoyenneté, patrimonialisation.

Ouvrage :

Démarches participatives en archéologie – sous la direction de Jean-Denis Vigne, Jean-Pierre Girard, Alexandra Villarroel-Parada, Actes de la Séance de la Société Préhistorique Française, 22, 339p.

https://www.prehistoire.org/515_p_58531/accEs-libre-seance-22-demarches-participatives-en-archeologie.html