03 novembre 2026

Appel à contributions | Bâtis et territoires. Construire les espaces habités de la Protohistoire à nos jours : approches archéologiques et historiques

46es Rencontres internationales d’Archéologie et d’Histoire de Nice Côte d’Azur, organisées par Fabien Blanc Garidel, chef du service d’Archéologie Nice Côte d’Azur ; Sandra Zanella MCF, CNRS UMR 7264 CEPAM-Université Côte d’Azur

Appel à contribution (formulaire ci-dessous) : les propositions de communication doivent être envoyées avant le 30 avril 2026
Contact : cepam.rencontres-de-nice@univ-cotedazur.fr

Présentation

Mots clefs
Archéologie ; bâtis ; territoires ; espaces habités ; économie de la construction ; ressources ; fait social ; innovation méthodes

Coordination scientifique
Fabien Blanc Garidel, chef du service d’Archéologie Nice Côte d’Azur ; Sandra Zanella MCF, CNRS UMR 7264 CEPAM-Université Côte d’Azur

Comité d'organisation

CEPAM (UMR 7264 CNRS-Université Côte d’Azur) ; Service archéologique de la Métropole Nice Côte d’Azur ; APDCA (Association pour la promotion et la diffusion des connaissances archéologiques)
Karine Fleurot ,CNRS, UMR 7264 CEPAM-Université Côte d’Azur (responsable administrative)
Fabien Blanc Garidel, chef du service d’Archéologie Nice Côte d’Azur
Sébastien Bully, CR CNRS, UMR 6298 –ARTEHIS
Morana Čaušević-Bully, MCF, CNRS, UMR 6249 Chrono-environnement-Université Franche-Comté
Mathias Dupuis, directeur de l’archéologie, Chartres Métropole
Isabelle Pimouguet-Pedarros, PU, CNRS, UMR 7264 CEPAM-Université Côte d’Azur
Elena-Roxana Popescu, CNRS, UMR 7264 CEPAM-Université Côte d’Azur (responsable administrative)
Antoine Pasqualini, CNRS, UMR 7264 CEPAM-Université Côte d’Azur
Sandra Zanella, MCF, CNRS UMR 7264 CEPAM-Université Côte d’Azur

En novembre 2001 se tenait la toute première rencontre d’ampleur consacrée à l’« Archéologie du bâti : pour une harmonisation des méthodes »[1] à Saint-Romain-en-Gal. Parallèlement, la première loi sur l’archéologie préventive en France venait tout juste d’être votée (17 janvier 2001), modifiant profondément le paysage professionnel de l’archéologie tout en encourageant la pratique de l’archéologie du bâti lors d’aménagements et de réhabilitations d’édifices de toutes natures et de toutes périodes. Après une période de maturité, un bilan aux contours ambitieux, à l’échelle de la France et de l’Europe, a été proposé lors du colloque d’Auxerre de 2019[2], en abordant tout à la fois des aspects épistémologiques, méthodologiques, universitaires, institutionnels et juridiques.

Aujourd’hui, force est de constater que l’archéologie du bâti est devenue une pratique courante tant en France qu’à l’étranger avec un nombre important d’opérations, réalisées dans des contextes préventifs ou programmés. La méthodologie de l’archéologie du bâti a ainsi été légitimée par une mise en œuvre concrète dans cette croissance constante des chantiers. Dans un même temps, les sciences humaines ont progressivement intégré les apports d’une histoire technique, économique et sociale soucieuse de prendre en considération les contextes de « production des bâtiments » ainsi que ses interactions avec les sociétés. Le concept d’« histoire de la construction »[3] s’est ainsi forgé pour englober l’ensemble des démarches historiques s’intéressant à l’objet bâti.

Sur la base de ces approches théoriques et méthodologiques renouvelées, ces rencontres s’attacheront à exploiter des résultats aujourd’hui dispersés, obtenus depuis ces 25 dernières années en France et à l’étranger, pour mesurer l’apport de ce domaine à l’accroissement des connaissances liées aux problématiques sur les manières d’habiter les territoires et de construire la société. En accord avec les propositions scientifiques émises dans le cadre de la programmation nationale de la recherche archéologique récemment renouvelée, ces rencontres s’attacheront donc à explorer l’évolution des pratiques de la construction et des manières d’habiter la ville comme la campagne depuis la Protohistoire jusqu’à nos jours. Seront privilégiées les communications proposant des synthèses d’ordre chronologique, spatial ou thématique, à différentes échelles d’analyse tout en s’insérant dans les quatre sessions proposées. Les communications pourront également mettre en avant des apports méthodologiques et les cadres d’interventions, à partir des principaux résultats scientifiques obtenus. À l’échelle des territoires actuels, on pourra également s’interroger sur la place et le rôle de l’archéologie du bâti dans les projets de valorisation et les actions de médiations.

Le cadre géographique privilégié sera celui de l’Europe et plus largement du bassin méditerranéen.

[1] Parron I., Reveyron N. (dir.) 2005 : Archéologie du bâti. Pour une harmonisation des méthodes, Paris, Éditions Errance, 159 p.

[2] SAPIN (Ch.), BULLY (S.), HENRION (F.), « L’archéologie du bâti Aujourd’hui et demain. Déconstruire sans détruire », Archéologie du bâti. Aujourd’hui et demain, SAPIN (Ch.), BULLY (S.), BIZRI (M.), HENRION (F.) (direction), ARTEHIS Éditions, 2022, https://books.openedition.org/artehis/26192.

[3] DESSALES, Hélène. L’archéologie de la construction : une nouvelle approche de l’architecture romaine. Annales. Histoire, Sciences Sociales. Octobre 2017, Vol. 72, nᵒ 1, p. 75‑94.

La rencontre sera organisée autour de quatre sessions :

1/ Le bâti, miroir de contextes environnementaux et économiques

Étudier et fouiller le bâti ancien revient souvent à questionner les impacts de l’homme sur son environnement et à envisager les monuments construits comme des produits de leur terroir. L’analyse archéologique révèle alors une exploitation souvent intensive des forêts, des rivières et des carrières. De ce point de vue, les vestiges que l’on étudie conservent des traces qui permettent à la fois de renseigner les ressources environnementales, mais aussi les processus techniques, les métiers du bâtiment et les conditions économiques des chantiers de construction, tant pour les commanditaires que pour les bâtisseurs. Cette session insistera sur l’économie du chantier et sur ses impacts sur les paysages, tant urbains que ruraux. Il s’agira notamment de mettre en lumière les potentiels paléoenvironnementaux que l’on peut tirer du bâti autant que les questions relatives à l’exploitation et à la circulation des matériaux.

2/ Le bâti à l’aune de la morphogenèse des espaces habités

Le monde urbain est un espace spécifique qui caractérise l’implantation humaine des sociétés passées. Il peut être archéologiquement appréhendé de différentes manières, mais le fait majeur et les témoins qui nous sont parvenus sont clairement représentés par et dans le bâti. Alors que les fouilles sédimentaires guidaient jadis les interrogations sur la construction et les évolutions urbaines, le développement de l’archéologie du bâti tend à inverser ce schéma en étudiant préalablement les constructions pour réinterroger ensuite les stratigraphies sédimentaires et plus généralement l’organisation et les évolutions urbaines. La ville est envisagée comme un objet d’étude qui s’appréhende sur le temps long et le bâti en enregistre par conséquent une partie de l’histoire. Son étude permet également d’interroger le paradigme urbain/rural et de proposer ainsi une relecture critique de l’opposition entre ville et campagne.
Cette session s’attachera à mettre en évidence la façon dont l’étude du bâti modifie ou consolide les modèles d’évolutions urbaines, révélant ainsi les interactions et les tensions permanentes qui s’exercent entre espace public et espace privé. Plus globalement, d’un monument isolé jusqu’à l’habitat groupé, il s’agira de proposer des relectures et de faire émerger de nouvelles problématiques de recherches sur l’implantation, l’organisation et l’évolution urbaines.

3/ Le bâti et le fait social

En privilégiant l’étude d’objets historiques complexes, dont l’usage perdure parfois dans le temps, la connaissance du bâti ancien ouvre sur une dimension anthropologique à travers laquelle il est possible de questionner les usages sociaux qui se rattachent aux édifices appréhendés par les archéologues et les historiens. Cette approche peut être conduite à différentes échelles, depuis un bâtiment en tant que tel, jusqu’à un ensemble beaucoup plus complexe (groupe monumental, quartier, ville ou village…). Elle peut alors appréhender des usages sociaux, tels ceux qui se rattachent aux pratiques rituelles ou religieuses, aux usages communautaires ou à la sphère domestique (manières d’habiter), notamment lorsque le processus de construction et de transformation en porte les traces (organisation spatiale, témoignages de l’usage et de l’usure…). Il peut aussi s’agir de se focaliser sur le contexte de production et sur la façon dont le phénomène constructif s’appuie sur les ressorts de l’organisation collective pour mobiliser les moyens et les ressources nécessaires à sa mise en œuvre pratique.

4/ Le bâti entre innovation méthodologique et technologique

Dans une approche interdisciplinaire, cette session traitera des apports et des limites de méthodes encore émergentes dans leur application au bâti ancien. Elle est tout spécifiquement pensée pour réfléchir aux nouvelles techniques de datation et aux nouvelles approches digitales basées notamment sur l'IA et l'apprentissage automatique en particulier, mais elle est également ouverte à d’autres innovations méthodologiques appliquées à l’étude du bâti.

Présentation générale des Rencontres

Intitulées jusqu’en 2018 Rencontres internationales d’Archéologie et d’Histoire d’Antibes et depuis 2019 Rencontres internationales d’Archéologie et d’Histoire de Nice Côte d’Azur, les Rencontres internationales d’Archéologie et d’Histoire sont organisées depuis 1980 par le CEPAM (Cultures Environnements Préhistoire Antiquité Moyen Age, UMR 7264 CNRS-Université Côte d’Azur) et par le CRA (Centre de Recherches Archéologiques, Valbonne Sophia-Antipolis) avant lui. Ces Rencontres, annuelles, n’ont plus à se faire connaître de la communauté scientifique nationale et internationale. Elles participent ainsi depuis longtemps au dynamisme et au rayonnement du laboratoire niçois d’histoire et d’archéologie qu’est le CEPAM bien au-delà du périmètre régional. Renouvelant sa thématique à chaque édition, ce colloque porte un éclairage sur les recherches menées au CEPAM en interaction avec un dense tissu de collaborations académiques et de partenariats diversifiés. Le caractère interdisciplinaire, la diversité des thématiques abordées dans une approche diachronique, ainsi que la publication rapide des actes (dans l’année qui suit le colloque) sous la houlette de l’APDCA, assurent le succès de ces Rencontres depuis quatre décennies. Quoique plutôt destinée à un public de spécialistes, cette manifestation scientifique est ouverte à un plus large auditoire, notamment par le biais d’une conférence dite « grand public », programmée en soirée.
En vertu d’une convention signée en 2018 entre le CEPAM, la Ville de Nice et la Métropole Nice Côte d’Azur, les Rencontres sont organisées en partenariat avec le Service d’Archéologie de la Métropole Nice Côte d’Azur. L’équipe départementale d’archéologie du site du Lazaret (Nice) est également un partenaire récurrent de ces Rencontres, par sa participation très régulière aux comités scientifique et/ou d’organisation. Cette collaboration est facilitée par l’existence d’une convention associant le CEPAM et le Lazaret, cadrant des échanges fréquents et fructueux au travers de projets de recherche et d’actions de formation partagés. Au-delà d’un soutien financier, le partenariat avec les collectivités territoriales, qu’il s’agisse du département des Alpes-Maritimes, de la Métropole Nice Côte d’Azur ou de la Ville de Nice, permet de renouveler et de consolider les relations entre la recherche académique conduite à l’Université Côte d’Azur et dans les laboratoires et les acteurs locaux de l’archéologie, de l’histoire et de la culture en général.
Les actes des colloques publiés par l’APDCA constituent aujourd’hui une collection de référence de plus de 40 volumes (https://www.cepam.cnrs.fr/publications/rencontres-internationales-darcheologie-et-dhistoire-de-nice-cote-dazur/). Si ces ouvrages sont incontournables des bibliothèques institutionnelles, ils affichent également l’ambition de rendre compte des avancées de la recherche auprès d’un lectorat dépassant la seule communauté scientifique.

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