19 janvier 2026

Workshop | Au-delà de la quantification : interpréter les données bioarchéologiques hétérogènes

Workshop dans le cadre du projet ERC Mermaid, organisé par M. Fabre, T. Theodoropoulou

Programme (PDF) : Workshop programme

Présentation : Workshop Quantification_2

Au-delà des données minimales communes nécessaires à toute étude, c’est à des questions anthropologiques fondamentales — celles de l’économie de subsistance et, plus largement, des interactions entre sociétés humaines et environnement — que doivent répondre les analyses des restes bioarchéologiques.
Mais comment comparer, combiner et interpréter des données aussi diverses ? Comment articuler le qualitatif et le quantitatif, malgré des biais parfois irréductibles ?

Depuis les années 1970, les efforts de standardisation se sont multipliés, mais les biais persistent : d’une espèce à l’autre, d’un contexte chrono-culturel ou géomorphologique à l’autre et jusque dans la subjectivité du regard porté par chaque archéozoologue ou archéobotaniste. À l’heure où les jeux de données s’enrichissent à la fois à l’échelle du site et à celle de la région, le dialogue entre des ensembles hétérogènes devient non seulement possible, mais indispensable. Alors que les travaux antérieurs cherchaient surtout à établir des unités de mesure communes, les questionnements actuels se déplacent : comment classer, pondérer et transformer les données pour les rendre comparables ? Et cela, aussi bien au sein d’une même catégorie de restes qu’entre des vestiges aussi dissemblables qu’une graine et un os, un charbon et un coquillage.

Les méthodes de quantification et de comparaison développées en bioarchéologie ne visent pas seulement à mesurer ou à classer : elles participent à la reconstitution d’ensembles écologiques passés, en transformant les restes archéologiques en unités quantifiables du vivant. Autrement dit, l’analyse des fragments de charbon peut renvoyer à la structure d’une forêt entière ; un assemblage osseux, à la composition d’un cheptel ; un amas de coquillages, à la dynamique d’un écosystème marin. Ces approches permettent d’articuler les données issues des vestiges avec les modèles et référentiels des sciences écologiques contemporaines, ouvrant ainsi la voie à une véritable reconstitution écosystémique.

Ce passage de l’échelle micro à l’échelle macro, du reste matériel à la reconstitution du vivant, constitue aujourd’hui un point de convergence majeur entre archéologie, écologie et sciences de la biodiversité.

Au sein du projet ERC MERMAID, ces questionnements occupent une place centrale. C’est dans ce cadre que nous proposons ce workshop, conçu comme un espace d’échange et de partage d’expériences et d’études de cas. L’objectif est avant tout d’ouvrir une discussion collective pour réfléchir ensemble aux moyens de dépasser les contraintes méthodologiques et de développer, par la confrontation des approches, des solutions communes et innovantes.

19 janv. 202620 janv. 2026
Université Cô te d’Azur, Pô le universitaire Saint-Jean d’Angély 3, MSHS Sud-Est, Salle 031 (salle plate)

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