Ouvrage | Labeur, production et économie monastique dans l’Occident médiéval. De la Règle de saint Benoît aux Cisterciens

M. Lauwers (éd.), Collection d'études médiévales de Nice (CEM 17)
Une enquête sur le “travail” dans l’Occident médiéval, à travers le cas des monastères

Tous les groupes humains produisent afin d’assurer leur subsistance, mais il n’y a pas de « travail » ni a fortiori de « travailleurs » dans nombre de sociétés, au sens du moins que ces notions ont pris en Europe à l’époque de l’industrie et de l’économie politique. Reste que beaucoup d’historiens considèrent le monachisme du Moyen Âge comme une sorte de laboratoire des formes du « travail » en Occident, du reste à l’origine du processus de « croissance » qui caractérisa cette partie du monde.
Les quatorze auteurs de ce volume ont entrepris de reprendre sur nouveaux frais la question des représentations et des pratiques du labeur, en examinant tout à la fois les modèles, les règlements et les rapports sociaux à l’œuvre au sein des monastères occidentaux, depuis les premiers écrits latins et les premières traces archéologiques jusqu’au développement des établissements cisterciens aux XIIe-XIIIe siècles. Plusieurs contributions s’efforcent de reconstituer les catégories médiévales de l’activité humaine tout en interrogeant les modalités concrètes d’exploitation des ressources. L’ouvrage accorde une large place aux débats historiographiques en s’attachant notamment à saisir la genèse, entre xixe et xxe siècle, de la figure du « moine civilisateur » et de l’idéal du « travail monastique », souvent bien éloignés des réalités du Moyen Âge.

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