01. Etude technologique des industries lithiques de Valle Giumentina (MIS 12) – Elisa Nicoud (elisa.nicoud@cepam.cnrs.fr)

Valle Giumentina est un gisement archéologique pléistocène de plein air, situé en Italie centrale sur le versant adriatique des Abruzzes. Les premières fouilles réalisées dans les années 1950 par A. M. Radmilli et J. Demangeot ont révélé neuf niveaux d’occupations humaines stratifiés qui ont livré des milliers de vestiges lithiques. La bonne conservation des artefacts, la puissante stratigraphie du gisement (plus de 25 m) et les études poursuivies par les chercheurs ont rapidement placé Valle Giumentina au rang de référence pour le Paléolithique inférieur et moyen des Abruzzes et d’Italie mais aussi d’Europe.
La fouille ancienne de Valle Giumentina a mis en évidence l’installation successive de plusieurs groupes humains. Les industries lithiques sont alors attribuées aux cultures de l’Acheuléen, du Clactonien et du Moustérien dont les caractéristiques typologiques fondaient globalement leur position chronologique. La recherche menée au cours des dernières décennies et les débats qu’elle a nourris ont toutefois montré toute la fragilité de ces attributions chronoculturelles, qui ont été reprises dans l’ensemble de la Péninsule Italienne où le site de Valle Giumentina fait figure de modèle. Les recherches nouvelles entamées en 2012 ont pour objectif premier de replacer les niveaux préhistoriques de Valle Giumentina dans une chronologie assurée, indépendante du raisonnement chronotypologique.
Dans le cadre du projet tutoré de Master 1, une première approche technologique de certaines industries lithiques découvertes lors des fouilles récentes de Valle Giumentina devra être réalisée. Cette étude s’inscrit dans une analyse pluridisciplinaire des industries lithiques allant de la pétroarchéologie à la tracéologie lithique, dans la perspective d’une révision des dynamiques de peuplement au Pléistocène moyen, en Europe et à l’échelle du bassin méditerranéen.

02. Evolution des paysages de la fin du Pleistocène à l’Holocene dans les PréAlpes (Var, vallée du Jabron, Prés de Laure) – Louise Purdue (louise.purdue@cepam.cnrs.fr)

Le sud-est de la France est depuis des millénaires un couloir de passage entre l’Italie et la vallée du Rhône. De nombreux sites de la Préhistoire ont été découverts sur la côte, mais les traces d’occupation sont rares dans les PréAlpes où les ressources siliceuses abondent. La découverte et la fouille depuis 2013 du site Paléolithique supérieur des Prés de Laure, dans la petite vallée du Jabron, pose de nouvelles hypothèses sur les implantations humaines et l’exploitation des ressources dans les PréAlpes. Un important travail de prospections géoarchéologiques et géomorphologiques a permis la découverte de nombreux autres sites archéologiques dans cette vallée ainsi que l’identification puis l’échantillonnage d’archives paléoenvironnementales uniques (anciens sols, niveaux archéologiques, ancien paléolac). Le sujet de Master proposé vise à mieux comprendre la mise en place et l’histoire de cette vallée depuis la fin de la dernière période glaciaire à aujourd’hui, afin de discuter 1- de l’impact des changements climatiques sur les paysages et les populations humaines, 2- de l’évolution des rivières et de leur impact sur les occupations humaines et sur la préservation des sites archéologiques, 3- de comprendre si la vallée du Jabron est depuis le dernier maximum glaciaire une « zone refuge ». Le travail de M1 sera focalisé sur l’étude du site des Prés de Laure pour comprendre sa mise en place et son degré de préservation (analyses sédimentaires et pédologiques). En M2, l’étudiant pourra élargir son travail à l’ensemble de la vallée et pourra développer d’autres marqueurs paléoenvironnementaux (malacologie, micromorphologie) pour préciser les reconstructions paysagères.

03. Exploitation des substances naturelles au Néolithique à partir de l’analyse chimique de restes organiques – Martine Regert (martine.regert@cepam.cnrs.fr) et Stéphane Azoulay (stephane.azoulay@unice.fr)

Les poteries archéologiques représentent des témoins inestimables des modes de fonctionnement des sociétés du passé, aussi bien en termes de savoir-faire techniques qu’en ce qui concerne les organisations socio-économiques mises en jeu (sources de matières premières exploitées et réseaux d’acquisition et d’échange ; diversité des techniques de fabrication ; usages et fonctions des poteries).
L’étude de leur contenu est un des éléments essentiels afin d’essayer de développer des méthodes innovantes dans le but de caractériser les substances contenues dans les récipients. Les ressources préservées au sein des céramiques témoignent de l’exploitation de diverses substances animales (cire d’abeille, produits laitiers, graisses sous-cutanées, …) ou végétales (résines et goudrons végétaux, huiles, …).
Dans le cadre de ce projet, l’étudiant(e) aura pour but de développer et mettre entre œuvre des méthodes de préparation des échantillons et d’analyse d’objets archéologiques et / ou expérimentaux, visant à extraire et caractériser les substances lipidiques ou protéiques conservées.